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14eme jour de confinement

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Mandala

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BELLEVUE, le 30 mars 2020
14 ème jour de confinement
J’habite un hameau au joli nom de Bellevue. Depuis plus de 30 ans.
Je viens de voir par la fenêtre de ma cuisine, devinez quoi ! Une jeune maman qui promène son petit enfant par la main. Par cette journée froide d’hiver, il est bien emmitouflé, joufflu et marche très vite, comme le font les très jeunes enfants, leurs petites jambes déploient une énergie phénoménale pour nous suivre...finalement c’est nous qui sommes à courir derrière eux...souvenez-vous. !
C’est une vision étrange, inhabituelle. Je n’avais plus vu cela depuis des décennies ici. Il y des humains qui habitent ces maisons champignons tout autour ?
Je suis d’un tempérament plutôt contemplatif, même si pendant beaucoup d’année les activités multiples et variées furent mon lot comme beaucoup d’entre nous. (Élever les enfants, travailler à l’extérieur, faire la cuisine, la vaisselle, Le ménage, finir de construire la maison, faire le jardin, étudier, se cultiver, etc.)...La contemplation avait pris un coup dans l’aile. !
Pourtant, Je n’ai pas attendu ce fameux confinement pour revenir à mes aptitudes naturelles... le chômage, la retraite, même bien occupée, m’avait déjà mise en situation d’observer de nouveau, je dirais plutôt de regarder, simplement, sans juger, avec au cœur juste un plaisir, plaisir de se faire plaisir, comme cela pour rien, pour être, pour exister, pour sentir cette connexion avec la nature.
Depuis que j’habite là, j’apprécie la vision des montagnes au loin, enneigées ou pas. En me rendant à pied au prochain lieu dit, il y a un point de vue phénoménal et à chaque fois je m’arrête et je remercie pour la beauté de ces paysages.
Je m’arrête aussi pour parler aux chevaux, aux vaches, aux fleurs ou à l’eau qui coule dans la rigole.
Et je rigole intérieurement. La buse qui d’un coup s’envole depuis un piquet de clôture et régale de son vol majestueux...merci mère nature!
Et ces arbres tout au long du chemin, comme des compagnons humains auxquels parfois j’adresse un sourire, une pensée...
Car des humains, des vrais, enfin des personnes en qui je peux reconnaitre un semblant de reflet...cela fait belle lurette que je n’en rencontrais plus ou presque plus, en voiture si, qui me passaient sous le nez à toute vitesse...homme, femme ? Même pas le temps de voir.
Pauvres humains du coin. Perdus on ne sait où, pas perchés dans les arbres en tout cas, je les aurais vu...
Pauvres humains du coin, qui m’ont torturé un certain temps, trop long à mon goût, du haut de leur bêtise et de leur peur et de leur méfiance, il y a plus de vingt ans.
Pauvres voisins du coin, qui un jour d’école de nos enfants, se sont rués vers moi en me traitant de menteuse et de pas franche !!!
Je suis tombée alors des nues, qu’il m’arrivait de contempler aussi les beaux soirs du mois d’aout, les constellations, les étoiles filantes...
Pauvres voisins du coin qui croyaient dur comme fer, que mon goût pour la contemplation, dont il n’avait aucune idée, me faisait regarder de derrière une haie, planquée comme un flic, leur intimité et m’avaient accusé du désir de briser leur foyer... pauvres voisins du coin. !
Pauvres voisins du coin, qui n’étalent pas leurs sous vêtements dehors, de peur qu’un pervers, le soir à la nuit tombée ne vienne leur dérober leurs précieux atours...et peut-être leur pensées volages qui sait ? La vérité n’est pas toujours dans le camp que l’on soupçonne. !
Pauvre voisins du coin, qui des gendarmes j’ai du appeler pour demander protection !
Pauvres voisins du coin, qui des pierres ont lancés sur mes enfants à l’arrêt du bus ! Leur mère suspectée de toutes les pensées malsaines qui étaient dans leurs têtes à eux...
Pauvre voisin du coin, avoir comme voisine une obsédée sexuelle, dont le seul amusement et la seule véritable intention était de savoir comment faire pour séduire ce pauvre voisin du coin et briser leur famille...
Pauvres voisins du coin, qui encore me narguent dans leurs jardins...
Pauvres voisins du coin, qui encore font semblant de me foncer dessus en voiture, pour me faire peur, pour m’impressionner...
Pauvres voisins du coin, qui n’ont pas vu le temps passé...qui ont oublié de regarder sereinement et leurs voisins et leur environnement naturel.

Pauvres voisins du coin que je contemple de loin.
Que j’appelle depuis mon balcon d’observation à laisser place à nos jeunes voisins, plein de vie et à leurs bambins qui vont à leur tour fouler nos chemins, comme nos enfants et nos petits chiens, avec leurs pieds, leurs vélos et leurs copains et redonner vie à ce hameau dans le respect et l’harmonie.
Mais tout de même Bravo aussi et grand merci aux bons voisins du patelin, qui me permettent de continuer à me réjouir de la vision de tous les jardins du coin parsemés de fleurs, de fruits, de légumes et de senteurs exceptionnelles.
Et d’espérer voir un jour prochain, leurs sourires égayer nos journées de bons voisins du coin.
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