Valentin

il y a
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Ecrire est la lucarne qui me permet de vivre avec un peu de légèreté  [+]

A la fin du XIXème, il était né,
D’une famille modeste il était l’aîné.
Il passa son enfance, à Saint-Nazaire,
Au gré des paquebots, ville portuaire,
Ouverte au monde et à sa modernité.
Là où, majestueuse vient se jeter,
La Loire Inférieure, à cette cité,
Dans l’immense océan rythmé par les marées.
Valentin, beau jeune homme, blond au regard bleu,
Croquait la vie, dans la rue du Maine, heureux.
La semaine il était ouvrier ajusteur,
Et le dimanche il accompagnait un chanteur,
Dans les bals musette portant l’accordéon
En bandoulière, il jouait des flonflons.
Alors que le Titanic sombrait dans la mer,
Il partit faire son devoir militaire,
Pendant deux ans, apprendre à devenir soldat.
Pas le temps de fêter sa quille, il garda
Son barda, sa capote grise,son fusil.
La guerre était déclarée, il était conscrit,
Pour s’engluer dans cette glaise boueuse,
Au son des cris, des pleurs, des mitrailleuses.
Puis il retrouva sa fraterie, sa ville,
Orphelin, devint soutien de famille,
Retrouva son travail aux chantiers navals,
Son accordéon pour des javas dans des bals.
Oubliant par moment, cette triste guerre.
Il se maria, prêt à devenir père.
Mais, en mai 18, il retourna sur le front,
Au milieu des cadavres et des canons.
Juste, une semaine avant l’armistice,
Il fut tué, sans jamais connaître son fils.
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Christian Knoll · il y a
Avant tout, un poème, très émouvant et joli tout à la fois, en l'honneur et à la mémoire d'une vie parmi des millions d'autres, trop vite ôtées, en ce temps-là, par les affres d'une guerre que l'Europe aurait probablement pu éviter si seulement elle avait écouté les mises en garde de Jaurès. Un coup de massue du destin d'autant plus brutal, à lire ta réponse au commentaire d'André Page, que Valentin est décédé une semaine avant la fin des sinistres hostilités, et que son décès t'aura à jamais empêchée de connaître ton grand-père paternel pour de vrai !

Merci beaucoup, Valérie, pour ces vers tout en finesse et en sensibilité par lesquelles tu nous fais forcément partager un peu de ton histoire familiale, à l'image de certaines de tes autres oeuvres par ici, très bonne fin de journée, et au plaisir de nous lire encore très longtemps:-)

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André Page · il y a
Beau poème pour un dramatique destin, bravo Valérie :)
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Valérie Landrin Grenet · il y a
Merci André. J'ai manqué de grand-père dans mon enfance. J'ai fait ma généalogie, pour rencontrer Valentin, mon grand-père paternel nazairien, que même mon père n'a pas connu! Bon Week-end André. :)
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Jean Calbrix · il y a
Excusez-moi Valérie. J'ai mal écris l'adresse de mon poème (le point après dunes fausse cette adresse). Je vous l'écris avec la correction https://short-edition.com/fr/oeuvre/poetik/me-chienne-ianna-dans-les-dunes
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Valérie Landrin Grenet · il y a
J'ai voulu voter, mais trop tard! Bravo Jean pour ce poème.
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Jean Calbrix · il y a
L'essentiel est que vous l'ayez lu et que vous en ayez eu du plaisir, Valérie.
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Jean Calbrix · il y a
Un poème sur la triste destinée d'un poilu. La chute est atroce. Bravo,Valérie, pour avoir mis ce drame en vers. Je clique sur J'aime.
Vous avez soutenu Mumba et je vous en remercie. Soutiendrez-vous ma chienne Ianna en finale automne ? https://short-edition.com/fr/oeuvre/poetik/me-chienne-ianna-dans-les-dunes. Bonne journée à vous