une carte d'archetypes

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Suis-je mort
De peur
De m’exprimer, rimer mes mos
En verres

En vers
Une société
En pleurs

Suis-je mort
Sous ce masque
De la terre
Cuite en enfer

Comme un biscuit, deux fois
Mort
Ici-bas

Suis-je mort
De froid
Devant l’indifférence générale

En vers
Une souffrance plus loin
Que les frontières qui se ferment
Sur des peuples qui meurent

De froid et de la faim
De la famine, de la sècheresse
Sans lendemains

Suis-je mort
Si rien ne sort
De ma bouche cousue

Par la peur de mon sort
De suivre mon chemin
Qui me dessine
Avec mes propres mains

Je me suis fait mon masque
De mort
Ici-bas
En argile

Plastique,
Car ma peau est élastique
Des rides se creusent
Des idées

Ressortent par ma bouche
Bée
Je suis scotché

Sur place
Mort de peur
Fugace
Comme l’heure

Où les pendules s’arrêtent
Pour moi
Une dernière fois

Mes rideaux se ferment
Sur une société de spectacle
Sans fenêtres
Dans mon habitacle

Où j’habite
En poète
En fuite

A la recherche
Du temps
Inaperçu
Ecoutant la musique de la douceur en nous

Tous
Des vibrations
Inondent

La vie terrestre dans ce monde
Dans l’espace perdu
Dans le cosmos dans un trou
Noir

Bleu pâle sa couleur
Un point qui scintille
De la vie

Qui grouille, évolue
Dans une évolution constante
A travers des années-lumière
Sur terre

Suis-je mort
Sans mot à dire
Vais-je revenir

En papillon ou en herbe
En mouche ou en marbre
A sculpté, ciselé
Par d’autres mains que les miennes

D’autres plasticiennes
D’autres poètes comme Milton
Homère
Aveugle tous les deux
Ont déjà connu la mort
Dans l’âme
Des Chemins

De la Liberté
De s’exprimer
Renaître avec le ressort
De l’art qui s’endort quand on est mort

De peur
De froid
Ici-bas

Sur les rails, entre gares
Entre stations
En attendant
Godot

Qui revient avec des actions dans ses mains
Des obligations, des bonds de trésor
Dans un monde en plein-essor

Une bourse en or
Une crise qui dévore
Le marteau de Thor


Des pyramides, des tombes des pharaons
Sur la rive de la mort
Du papyrus et feuilles d’or

Pour guider celui qui avait trouvé sa mort
A revenir
Vers des étoiles
Des chemins de lumière

Eclaire
La route
Illumine des chutes

Libres
Dans l’espace
D’une seconde vie
Sur la place

Publique
De la politique
Dans l’amphithéâtre

Jouant d’autres rôles
Où le chorégraphe
Est l’acteur
Qui s’efface

Dans la foulé du foule
Se perdre
Comme une mule
Qui transporte des fagots de bois

En forme de croix
Ulysse passait inaperçu
Comme Personne, prit pour un fou

Furieux qui crié tout fort
Son œil aveuglé
A deux doigts de la mort
Sur son ilot, perdu

Avec sa cave des trésors en or jamais vus
Car ne demande jamais
Pour qui sonne le glas

Il sonne pour tout le monde ici-bas
Car personne n’est une île, isolée
On est tissé dans le texte de la vie
La fabrique de l’étoffe

Des étoiles
Des atomes de lumière
Qui s’accroche

A la vie
Scintille
Brille sur des ondes qui inondent
Ce monde perdu

Dans l’espace
Ce paradis terrestre
Funeste

Si on suit des mauvais choix
Qui paralyse de la peur
Incite à ne rien faire
Sauf écouter le mal s’installer dans l’ère

Des chansons qu’on chante quand on remonte à la surface de la terre
Ce paradis en vie rempli des routes et des chemins qu’on a choisi
De suivre

Sur la rive
De la mort
Echapper l’enfer
Des bruleurs du désir, de ne rien faire

D’autre que regarder
Observer silencieusement
Des herbes folles qui montent

Des graines dans le vent,
Des semences de la belle saison dans les champs
Magnétiques,
Inondés par des ondes de l’amour qui vibrent

Sur des cordes sympathiques
Des résonances résonnent
A condition qu’on ne demande jamais pour qui le glas sonne

Suit son chemin
Sur des ailes philosophiques
Mythiques

Comme Pegasus
Des îles
Grecques
Nous attendent

Des cartes cartographiées par des poètes d’un autre monde
Disparu sous des couches
Des civilisations en touches

En marge de notre ère
Où la décadence des chutes chante dans des aires, des refrains
La musique de la douceur
De l’amour, tout plein

Comme mon œil qui regarde
La création
De l’évolution de ce monde

La renaissance, de la jeunesse
La vigueur de l’ampleur de la vie
Qui évolue incessamment
Suis-je mort ? Non, car dans l’expression je m’épanoui

M’envole sur des ailes imaginaires
Sur des tapis magiques, je change d’air
Ecoutant d’autres récits

Décryptant d’autres métaphores
Je les capte
Redonne une nouvelle vie

Aux mythes anciens
Aux rites païens
Aux hiéroglyphes des pyramides
Et runes et ruines archéologiques

Des cartes de l’âme humaine
Tracés
Par Milton


Homère, Virgil, Dante
Shakespeare et bien d’autres
Vivants parmi des belles lettres des bibliothèques
Publiques, en fête, en lecture à haute voix

J’écoute
Attentivement
Tâtonnant
Ma propre voie

Vers des étoiles
Une échappatoire de sortie
Car, c’est dans l’art, que je vis

Que je suis mon destin, mon sort
Dans l’action du mouvement je trouve mon ressort
Eh bien donc, non, décidément, je n’ai pas encore trouvé la mort
Une deuxième fois

Comme un abiku
Comme diraient des nigérians
Dans une autre mythologie, d’antan

L’art, c’est mon fioul, mon essence, le moteur qui me propulse
Vers d’autres formes de vie
Sur cette petite planète bleu pâle, en plein vie
Vitesse grande Vie Majuscule
Première lettre de la page
Du premier chapitre
En marge

D’une société de consommation
Où des valeurs me consomment
Si je les accepte, j’abandon, je meurs
Encore une fois

De plus, pour rebondir ailleurs
Avec d’autres poèmes
D’autres mythes dans mes verres

Qui sortent de l’enclos de ma bouche
Je suis bien vivant, mon masque de mort est comme une cruche
Un réservoir
Ou d’autres poètes viennent s’abreuvoir

Sous le grand arbre de la vie
Yggdrasil
L’œil de Mimir me regarde (Horus en marge)

Dans le reflet, bien hagard
Disparu
Dans la masse du mouvement, perdu (de la pensée, de la mémoire)
De vue (l‘aigle)

Sous le dos des moutons qui passent
Vers mon destin j’avance
Tant que je m’efface

Néanmoins
Pour continuer de vivre, de vibrer
Je trace

Je cartographie des chemins
De l’existence
Humain
A travers des siècles

Je glisse des virgules, des apostrophes
Des points d’exclamation
Dans mes strophes

J’indique mon chemin
Qui m’réinvente
D’ici demain

Comme Loki
Le chanceux
Qui fabriqué ses propres pistes
En rebondissant, la mort, je la résiste

Car la résistance c’est les résonances des mots
La musicalité du langage qui vaut
La peine d’être exprimé en prose et en verres

Pour indiquer des chemins à d’autres créateurs des verres,
Mythes qui inventent
Des voyageurs solitaires qui les empruntent !
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