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Un jour je partirai

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Laura Mahieu

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Un jour je partirai,
je claquerai la porte derrière moi,
je ne me retournerai sous aucun prétexte.
J'avancerai vers un ailleurs inconnu,
les mains dans les poches,
les poches pleines d'espoir.
Un jour,
peut-être même une nuit,
je m'enfuirai loin de cette foule.
Je laisserai de côté,
mon petit cœur en miettes,
ma haine parfois débordante,
mes hésitations répétitives,
mes gadins d'antan.

Un jour je prendrai le large,
sur mon bateau brinquebalant
et sa coque percée.
J'irai là où le temps ne compte pas,
là où la peine ne m'atteindra plus,
là où le monde cessera de me mettre hors de moi.
À cet instant précis,
les souvenirs perçants se désagrégeront,
les hématomes auront disparu.
Je serai seule,
chantonnant gaiement,
marchant lentement,
déviant les pièges,
esquivant les crevasses.

Un jour je m'esquiverai,
sans dire un mot,
sans adieux trop douloureux.
Je me retirerai silencieusement,
dubitative et quelque peu anxieuse,
je me laisserai guider par mon instinct.
À ce moment,
plus rien ne comptera,
mes poids deviendront légèreté.
Le ciel pourra bien me tomber sur la tête,
le sol pourra bien se fendre en deux,
l'inquiétude aura quitté mon être.

Un jour j'irai par-delà les monts,
je nagerai dans les flots gelés,
je parcourrai les sentiers du monde.
Je serai cette gamine insouciante
qui fait du porte à porte,
sans trop savoir pourquoi.
Un jour,
moi et mon sourire viendrons vous réveiller,
je vous offrirai un bout d'espoir brut,
un genre de cadeau sans emballage,
un diamant qui ne se revend pas aux enchères.
Un jour,
mes rêves se concrétiseront,
mon envie embellira l'univers dans son entièreté.
En un claquement de doigts,
je me changerai en ange gardien de la terre,
je volerai sur mon balais imaginaire,
saupoudrant de la poudre de joie sur vos têtes.

Mais aujourd'hui,
je suis assise devant mon écran,
alignant quelques mots,
additionnant deux trois pensées.
À cette heure,
je suis la Laura rêveuse,
qui par ses mots,
aimerait sortir quelques âmes du précipice.
Aujourd'hui,
avec mes larmes en travers de la gorge,
mes mouchoirs déchirés
et mon cœur en piteux état,
j'aimerais vous crier de ne jamais lâcher.
Parce que malgré l'obscurité,
en dépit de votre douleur,
la vie est somptueusement magique.

Et si par malheur vous n'avez plus la force d'y croire, je serai votre espoir personnifié.
Et si par malheur vos yeux ne sont plus aptes à voir le bonheur, je vous rendrai une vue digne de ce nom.
Et si par malheur votre monde s'écroule, je vous inviterai chaleureusement dans le mien, vous offrant quelques verres d'espoir et de joie, un cocktail qui vous redonnera la force pour affronter vos lendemains.
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Image de Philippe Clavel
Philippe Clavel · il y a
Je viens de publier un texte intitulé PARTIR et j'ai décidé de visiter tous ceux qui ont le même titre...nous sommes si nombreux que Short pourrait en faire une recueil. Bravo pour la façon dont vous avez traité ce thème. J'ai l'impression que c'est une histoire personnelle, mais au delà du désespoir, j'y ai trouvé de l'optimisme. Bravo encore !
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