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Tatouages

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à la bonne heure, tu t’en vas !
à la bonne heure, il est grand temps,
tes pieds devant,
mes mains devant qui applaudissent
tu ne m’auras plus,
plus sous ta main, plus sous ta pogne, plus sous ton coup

j’ai remis mon vieux rouge aux lèvres, mon noir aux yeux
je n’veux plus de bleu, je n’veux plus de bleus
et puis ça ne m’allait pas au teint,
le ton sur ton, le pain sur pain
mais t’en fais pas, j’ai des souvenirs
j’ai des empreintes dans le sourire
je garde le moule de ton alliance sur les pommettes
et sur mon nez j’ai le prénom de ta gourmette
et, chevalier, tu m’as laissé ta chevalière
en décalco sur les paupières

bientôt on viendra te chercher
et on te jettera en pâture aux vers de terre
mais, laissez-moi le ceinturon, trophée de guerre !

je te vois raide sur le fauteuil
avec ton cœur qui rend les armes
avec ta main qui lâche prise
le cœur, la main, eux qui battaient à l’unisson
tu es un chien qui laisse son os
tu as mouillé ton pantalon
et je te vois et je ne fais rien
cette fois c’est toi qui devient bleu, là sous mes yeux
à la bonne heure, à la bonne heure, ah ! le bonheur !

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Lison Zonco · il y a
Dramatique... et musical, et bien écrit!
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