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Solitude – Elle

Je me fixe, les mains sur le lavabo, je scrute.
Nuée de tubes et de pots autour, les vapeurs,
Du bain au miroir trouble mon visage encore brut.
Derrière la porte personne pour jouer au voyeur.

Employée latente dans l’embarras d’ l’intérim,
Parée d’alibis, d’appareils et d’artifices,
Anonyme douc’ment poussée sciemment vers l’abime :
Névroses inoculés, accablants maléfices !

Le Système atomise puis isole et soumet.
Je consomme, je déprime et en somme on m’opprime !
Assise là, je saisi une issue et je fais
Retentir l’épopée rédemptrice qui m’anime.

Je m’impose un répit, j’observe et je respire.
Je me cabre, l’oreille sourde, je fuis dans un soupir,
Les immondes idéaux qui sur les ondes séduisent,
Ces sons si suaves des sirènes qui catéchisent.

Ces images de ces messes essentielles cathodiques,
Bidonnent un peu tout, tu t’abandonnes fanatique,
Les méninges souillées, le désir dopé, tu vis,
A la faveur du Marché, cette fièvre convertit :

Ton désir en cet acte sacré, sacrifié,
A ces idoles plus chaleureus’ment célébrées,
Que les tyrans terrestres et tous les rois du ciel,
Tu raques et tu crédites, tu débites avec zèle.


Solitude - Lui

Je fixe la rue de ma fenêtre, à peine levé,
Un café aux lèvres et rien en bas n’est ouvert.
Il est tôt, mais déjà c’est l’heure d’aller trimer.
J’épie mon reflet dans la vitre et de travers.

Trimer en intérim, en indéterminé,
Petite main, gagne petit, petite gens font grise mine,
Empêtrés dans le principe de réalité,
Dans n’importe quelle boite, la même routine.

Râlent les lombaires bombées, le moral plombé,
Fastidieuse cadence attestant de tes carences,
Ondes et additifs idiotifient en effet.
Tu t’émancipes et t’épanches avec repentance :

Suis-je qu’un mouton nonchalant, un consommateur ?
Toutefois très curieux sur la sphère virtuelle,
Que faire des paroles dissidentes ? Les aboyeurs
Gloussent dans l’enclos. Question : Qui sont les vrais rebelles ?

Beaucoup braillent, on les régale de mondanités :
Penseurs et comiques et chanteurs et dissidents.
Tous pitres ou prêtres naïfs ou bien conscients, voués
A contenir la colère des petites gens.

A mon tour j’expose mes doutes entre deux pointages.
Fuyant les mirages brillants à l’enfer dédiés.
En quête du peu de braises divines en ce drôle d’âge,
De grand désordre du Nouvel Ordre. Mordre et rimer.
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