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Socle de pierre

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Irèneriviere

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Je suis née d’un socle de pierre
Et d’un baiser qui s’y meure.

Ecartelée !

D’une race dévêtue,
Femme je suis
Une fente de métal comme unique mot de passe
Et des lambeaux d’iris pour pleurer le mensonge.

Cruelle, à l’âme déchirée.
Mère de mille et un mort-nés.
J’enfonce mon rire dans les entrailles
D’oiseaux sanglants épinglés sur ma porte.
Baigneuse au goût de rouille,
Je prends des bains aux algues noires
Pour faire la mort plus proche,
Pour faire la mort plus sale !

Femme je suis !
Seuls mes pas qui résonnent
Et mes mains qui se tordent.

Et ces femmes si belles
Du rouge à lèvre à s’en goinfrer
Et ces pubs plaquées contre les murs
Comme plaquées contre sa propre honte.
Femme je suis et je ne t’entends plus !

A chaque mois, mon sexe saigne et s’affole.
Un sexe boueux de larmes.
Un sexe comme un spasme orphelin
Un illusionniste de la mort.

A chaque jour naissant
Une fausse couche silencieuse
Et volontaire.
L’embryon synthétique gisant au fond de moi
Je l’entends déjà qui bégaye.
Semence de demain qui n’a pas d’aujourd’hui !

Qu’importe l’inutile si je lui appartiens.
Oublions de sourire pour ne plus se mentir.

La vie au fil des jours
Le jour après la nuit
La nuit après le jour
Le temps au fil du vide.

Des photos gisantes comme des filles oubliées
Des demains-interdits, des demains-asphyxies
Des « je t’aime » susurrés les lèvres plaquées contre le mur.


Je suis devenue les limites de ton absence
N’ayant de mot que le silence.

Et la solitude, mon éveillée du cauchemar
Mon humiliée, mon insoumise,
La prêtresse de mes écrits,
Je t’ai ouvert mes draps,
Dénudé mes seins,
Offert mon sexe pour y enfouir ton glaive.
Immaculée souillée, je t’ai fleuri de sueurs.
Mon eau bleue qui distille
Les noms de ceux qui ne sont plus...
Ma solitude, comme ultime désespoir choisi.

Qui viendrait, alors, recueillir entre des mains blessées
Les larmes de sang qui coulent d’entre mes jambes ?
Qui viendrait s’éloigner lorsque je pense à toi ?
Qui viendrait entreprendre chacune de tes caresses ?
Qui viendrait oubliant que je cherche l’oubli ?
Qui viendrait m’habiter pour m’évader de toi ?
Qui viendrait pour quelques nuits
Que durera ma nuit ?

Demain, je suspendrai mes seins
Aux rayons des lasers.
(si personne ne me les achète avant)
Je vendrai du céleste en boîte d’aluminium.
J’accrocherai mes paupières au pied des mausolées.
Je serai étoile inaccessible
Et parvis des perdants.
Je colorerai de blond platine
Mes fantasmes du xxéme siècle,
Afin de pouvoir vous les vendre.
Et je m’offrirai, seule, le soir du jour de l’an
Des perles d’azote liquide.

Fiancée d’un autre monde
Dépeuplée de moi-même
Enlacée de désir
Et d’étoiles mouillées
Je m’offre à la nuit
Je m’offre à la folie
Je m’offre le vertige
D’un suicide sensuel.

Femme je suis.
Seuls mes pas qui résonnent...
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