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Simiesques pensées

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Fabrice Antonov

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D'un geste rapide, le primate a rejoint les cimes
D'où il contemple, lucide, tout le cirque humain.
A la place de ses pattes, on croit voir deux mains,
Placées devant ses yeux, pour ne pas voir l 'abîme.

Le singe voit les crimes commis par son semblable,
Toutes ces infamies, les funestes affaires.
La bête hurle à la mort du haut des conifères,
Et ploie devant la bourse, les OPA rentables.

Face à l 'impuissant primate, sa source natale,
L'être humain n'est plus rien qu'un vaurien délétère,
Dont le dieu suprême est devenu le dollar,
Sombre serviteur des optimisations fiscales.

Toi qui t'agite comme une sinistre marionnette,
Sache que du haut d ’un building quelques actionnaires
Décident de ton destin et, d ’un air débonnaire,
Fusillent toute ta tribu à la mitraillette.

Tous tes frères t'ont rejoint, au loin la forêt brûle,
Et dans l ’étrange silence de ce dernier brasier,
Ton regard, froid comme à l ’aplomb d ’un glacier,
Vient de pétrifier mon âme, je tombe puis je bascule.

On parlait d ’écologie, de matières premières,
Eux se riaient de nous, dans leurs fauteuils en cuir.
Derrière des grands écrans, spéculant sur la dette,
Ces atroces ordures fracassaient notre avenir.

Tes simiennes pensées aussitôt devinrent miennes,
Dès que ton corps agile fut projeté au sol.
Mon bel amour, j'ai jeté mon auréole,
Désormais, je ne suis plus de l ’espèce humaine.

Singe, pardonne l ’homme, ce singulier amnésique
Qui fut jeté, jadis, comme un vil malandrin,
Du haut des Cieux par des Dieux frénétiques,
Et qui se disloqua sur Terre, pitoyable pantin.

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