Shinrin-Yoku

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Je retrouve un endroit, blotti sous mes paupières,
Cils baissés, le regard tourné vers l’intérieur,
Portes de mon silence où je viens en prieur,
Méditant, immobile, auprès d’une rivière.

Mon coussin est en feuilles de saule et d’ombrages,
Au ruisselis de l’eau répond un sansonnet,
Ivre d’air et de vie, posé au balconnet
D’un frêne blanc à fleurs dansant avec l’orage.

La terre sent l’humus, et l’onde limoneuse
Reflète l’arc en ciel, fils aîné de la pluie,
Hélios fait la cour au brin d’herbe qui luit
Comme dore au vitrail l’aurore lumineuse.

Le vent siffleur s’amuse avec la libellule,
Ébrieuse fuyant aux chaumes de bambous,
Et le patineur d’eau exhibe sans tabou
Ses pattes de géant sur un corps minuscule.

Yeux mi-clos je perçois, dans les vastes ramures,
Les plus infimes sons des sésies perce-bois,
Et j’entends le frisson de la fraise des bois
Sensible aux chœurs de l’aube, étourdissant murmure

À l’amble du printemps, des feuilles et charmilles,
Oasis de verdure où je demeure, assis,
Inhalant le silence, et la lumière, ainsi,
Où tout me dit « Voilà ton unique famille ! »...

****

Lassé de voir ce monde, immonde poudrière,
Attisant ses fléaux, ses démons, ses horreurs,
Ses abominations, ses crimes, ses douleurs,
Seul... à Shinrin Yoku*... je cherche la prière !

___

* Shinrin-Yoku, bain de forêt

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