RENCONTRE AVEC LE DIABLE

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J’ai 66 ans, vis seule et suis très concernée par, l’environnement, notre place dans l’univers. J’écris depuis l’enfance, comme une respiration, bercée par le rythme et la musique des  [+]

RENCONTRE AVEC LE DIABLE





Un jour, c’était hier, aujourd’hui ou demain,
Négligeons ce détail, il est intemporel,
Disons plutôt même qu’il est éternel,
J’ai rencontré le Diable, ici, là, pas très loin.

Oh ! pas le Diable superbe, un de ses lieutenants,
Un petit Belzébuth à barbiche frisée,
Armé d’une fourche en un mauvais acier,
Qui ricanait sous cape, un air plutôt content.

Il me prit par la main et m’entraîna dans son histoire :

Je débutai fort jeune, Adam et Eve et Cie,
Mes tout premiers clients. Dans l’ancien Testament,
Il fallait simplement se vêtir en serpent
Et donner à la pomme le goût de l’Interdit.

Mais rescapé du Nil, un beau vieillard barbu,
Un jour en Egypte, sur le mont Sinaï
Reçut, cadeau maudit, des mains de l’Ennemi,
Les Tables de la Loi et je n’en dormis plus.

D’autant que sous Auguste apparut en Judée
Un grand jeune homme blond, un vrai diseur d’oracles,
Un bel illuminé, un faiseur de miracles
Qui répandit sur terre l’odeur de Sainteté

Et les pauvres humains n’y comprenaient plus rien,
Pouvaient-ils encore violer, assassiner,
Se rouler dans la boue des orgies parfumées
Ou chercher le Salut sur de nouveaux chemins ?

Heureusement, tous ne perdirent la raison
Mais je dus chaque jour mettre les bouchées doubles
Et plonger des Néron dans les courants troubles
Des flots qui charrièrent cadavres par millions.





Le progrès éclairant siècles et continents,
Avec des inventions rendant les jours plus doux,
Comme à la parade, j’esquivais tous les coups
Elaborant pour eux de gentils accidents :

Famines, tremblements de terre, inondations,
La mer se démontait, le sol crachait la lave,
De peste ils en crevèrent et vois-tu comme ils bavent,
Ils ont même inventé la Sainte Inquisition !

Au nom de leurs vertus et de leurs convictions,
Hypocrites, la Jeanne, ils brûlèrent à Rouen,
Elle était mignonne la pucelle à seize ans,
Ils ont fait mon travail avec application.

Quand je suis désoeuvré, je m’offre alors une âme,
Celle du Docteur Faust me coûta un peu cher
Mais jeunesse éternelle est un fruit doux amer
Et Don Juan plongea seul dans mes ardentes flammes.

Depuis des temps antiques, j’ai vu des philosophes,
Des Aristote, des Socrate et des Platon
Me barrer le chemin de leur vile Raison
Et des poètes aussi qui me narguaient en strophes !

Alors, j’ai fait germer dans toutes les nations
Des Franco, des Staline, des Hitler, des Saddam
Pour chaque jour cueillir une provision d’âmes
Et si je n’y prends garde...
J’en meurs d’indigestion !
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