7 lectures

0

Te retrouver dans la pénombre d'une étreinte
Sur un simple matelas, avec l'orage au dehors.
Sentir tes baisers qui dévorent et consument
Goûter tes caresses et tes mains sur mon corps

L'abandon est absolu
Te sentir. Tendu.

Me laisser posséder et gémir à l'unisson.
Savoir que sans toi, je ne suis.
Et t'aimer en secret sans entrave.
Orage d'automne
Mon cœur se serre
Terreur d'enfance

Orage d'automne
La ville s'engrise
Nuées naissantes
Il voulait envoyer ces mots-là.
Des mots précis et ciselés
Des mots enfouis dans les recoins
Des mots à lui.

Pour dire, pour crier, pour hurler, au-delà de tout, jusqu'à ce qu'il ait mal, que sa voix cesse.

Il pleurerait alors et les mots ruisselleraient
Et lorsque les sanglots sécheraient,
Creusant des sillons cicatrices
Il les écrirait, en les répétant encore et encore,
A n'en plus terminer

Jamais.

Le sentiment était violent, sans concession, sans limite.
Pourquoi les mots ne le seraient-ils pas ?

Le manque l'avait envahi.
A chaque seconde, il sentait ces crocs déchirer son poitrail.
Manque au groin immonde
Fouillant ses entrailles
Se délectant de ses veines
S'abreuvant à même son cœur

Les poussières s'entassaient dans le sablier de son cerveau.
Une
Deux
Trois

Tout grandissait.

Toujours.

Et pourtant, il aimait ça, plus encore, il l'attendait, il l'appelait, le provoquait sans cesse, sans relâche.

Retenir les souvenirs, les paroles.
Le photographier.
Imprimer sur pellicule les contours.
Garder une empreinte, un souffle.
Une trace.

Désertiquement.
Un jour, il partit. Sans raison. Sans explication. Une guitare, des bouquins, de quoi écrire.
Il laissa tout le reste en plan. Vie affective, professionnelle. Tout.
Et le pire, c'est qu'il n'y avait guère de raison à cela.
Il avait seulement envie d'être seul, confronté à lui-même, face à ses solitudes, à ses contradictions.
Il se foutait des conséquences de ses choix.
Il fallait partir brusquement, d'un seul coup.
Tout était dans la violence du geste, justement.
Réflexion impulsive.
S'il avait pu, il aurait pris son appareil-photo. Mais ça allait l'encombrer. Et puis il préférait l'idée de l'écriture.
Ça lui allait mieux.
Après l'éternité, je reprends le fil commun et ondulant qui m'entraîne vers les autres.
Quelques gouttes sillonnent les vitres.
Les annonces, les stations.
Tout défile.
Dans mon esprit se heurtent tant de pensées. Le manque est déjà là, celui-là même que je connais par cœur.
Celui-là même qui me suit et adhère à ma peau, comme un pull trop petit.
Je repense à ces nuits, qui me marquent au fer rouge,
Je ressens ce que j'ai, je revois ce que je suis.

Et tandis que la nuit s'achève,
Je m'interroge où aller.
Si ton corps est absent, ton regard m'accompagne.
Les phares embrumés
Parcourent l'asphalte en volutes vitrifiés
Reflétant l'inclinaison des nuées.
Lentement la rigole se forme
Sur la fenêtre bleutée,
Et les larmes des nuées s'écrasent tout contre.
Tu es là, réfugié contre moi
Rebelle
Sois mon Prince une nuit
Que je t'aime sans défense
Alors seulement nos baisers se
mélangent
Alors seulement nos deux corps se
rencontrent
Alors seulement, on accepte nos
caresses
Du bout des doigts, je rencontre ton
parfum
Tout est nouveau, tout est serein
Et pourtant...
Tu me hantes toujours mais le poison est plus distillé. Parfois même je t'oublie. Tu te terres dans mes pensées, tu t'y loves. Tu t'y es fait ton coin.
Et je t'oublie.
Quelques minutes ou quelques heures tout dépend.
Le manque n'est plus aussi violent.
J'y suis habitué. Je l'ai accepté.
0

Un petit mot pour l'auteur ?

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lisez la charte !

Pour poster des commentaires,