Qu’est-ce donc que la Musique ?

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Plaisir, besoin, ivresse, tourment, drogue, obsession, compulsion, consolation et éclats de rire... bref, ECRIRE !!! Ecrire ma vie, vivre mon écriture. Chaque jour et toujours. Pour ma Joie qui  [+]

 

L'autre soir,

écoutant extasié dans la pénombre,

une succession de mes airs préférés,

j'ai voulu en avoir le cœur net.

Alors, en même temps que ma playlist,

(Musique classique, rock, jazz confondus)

à l'écoute de la muse Euterpe,

j'ai aligné les quelques mots qui vont suivre.

 

Pour moi, c'est à la fois simple et complexe :

la Musique, c'est cet air sonore

que je respire par les oreilles 

connectées à l'âme !

Une seule onde ou plusieurs

tissent un bref ou très long récit mélodieux

dont le début est une miraculeuse stupeur

qui va s'acheminant vers une fin triste ou joyeuse,

annoncée et amenée

ou soudaine et imprévisible.

 

Comme les voyelles rimbaldiennes,

chaque assemblage de sons a une couleur différente.

Aucune peau humaine n'a le même grain.

Nul œil humain n'a le même reflet.

Aucun instrument musical ou vocal ne vibre du même timbre.

Et comme la phrase d'une langue rythmée par la ponctuation,

cette narration impalpable

qui sonorise et élargit l'air ambiant

avance, accélère, ralentit, s'enflamme, explose, souvent s'apaise...

Pour finir par un silence qui, chez certains musiciens majeurs,

est encore de la Musique,

Comme ce silence qui, dans une salle de concert,

fige l'auditoire, étreint par la Beauté,

avant que n'explosent les salves d'enthousiasme et de reconnaissance.

 

Parfois, des mots adhèrent à ces sons,

mais ce n'est pas obligatoire,

parfois fâcheux et ridicule comme dans l'opéra bourgeois du XIXe siècle.

À la rigueur le lied ou l'oratorio.

Très rarement la chanson.

Car je préfère quant à moi des sons purs.

Ni commentaire ni explication ni paraphrase.

Ni furies ni pâmoisons surjouées.

Uniquement des sons instrumentaux tirés de l'âme de l'artiste.

Peu importe la taille : orchestre ou flutiau !

Car la Musique se suffit à elle-même.

 

Parce qu'elle est sans mots, la Musique est capable

—ruisselante ou souterraine —

de s'infiltrer par nos fissures et nos blessures

autant que par les dilatations heureuses de notre moi profond.

Ainsi, quand il chemine par degrés dans un silence pur,

comme dans l'air raréfié des cimes,

l'air sonore qui se tisse et s'entretisse graduellement

n'est pas divertissement de foire

mais enchantement intérieur.

Envoûtement.

Ressourcement.

Indicible et immarcescible Volupté.

Une magie sonore qui ne peut pas s'expliquer ni s'analyser.

 

Je plains celles et ceux qui n'apprécient pas la Musique

ou l'écoutent d'une oreille distraite.

Surtout, ne s'en nourrissent pas,

ne l'absorbent pas dans l'absolu silence.

Pour moi, ce sont des infirmes que je plains.

C'est ce que Nietzsche a si bien vécu et vu :

« Sans la Musique, la vie n'est qu'une erreur, une besogne éreintante, une exil. »

(Lettre à Peter Gast du 15 janvier 1888)

Et d'en tirer la conclusion :

« L'on devient plus philosophe à mesure qu'on devient musicien. (...) Désormais, je ne m'adresserai qu'à ceux qui ont une parenté immédiate avec la Musique. »

Mystère que la Musique ?

Non, en définitive simplicité et évidence.

Car cet air sonore dénommé Musique

est à la fois immatériel et incarné,

surnaturel et charnel : en un mot humain.

Plutôt humanisé.

Très précisément, artisanal : du crin caressant quatre boyaux de mouton...

Ciel ! la voix des anges.

Ainsi, la Musique qui frôle l'Éternité

jusqu'à surprendre et enchanter son Hôte,

est injustifiée et injustifiable.

Elle s'impose, pareille à la Vie même.

Comme la Joie.

Comme la Vie.

La Musique est la quintessence de la Vie.

 

Sans elle, au bout de quelques jours,

je dépérirais de chagrin,

je me dessècherais de solitude,

je finirais par crever comme une plante altérée ;

loin d'elle, je deviendrais le plus abandonné des orphelins,

le plus désespéré des enfants prodigues,

car, sans la Musique, je ne pourrais absolument pas continuer

à danser ma vie !

Boulogne-Billancourt, 03/01/2021

 

MODE D'EMPLOI : On peut lire le texte Qu'est-ce donc que la Musique ? en silence.

Ou bien commencer par une écoute d'un morceau qui nous inspire fortement

(tel passage d'un concerto pour piano de Mozart ou le second mouvement de son concerto pour clarinette, que sais-je !).... puis baisser graduellement le son et commencer à lire...

Et, à la fin, conclure par quelques minutes d'Orff (interpénétration suggérée infra)... ou une autre péroraison musicale... ou retour au Silence, c'est encore mieux

 

Je suggère quant à moi, Lucia Popp qui est mon Euterpe, tentatrice et apaisante, dans ce très court air (2 minutes !) qui ferait pleurer des pierres !

https://youtu.be/cJsc11xQtgU

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