Pont des Anges

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Dans la chambre empourprée de velours, la fenêtre
À crémone en putto porte, sur les rideaux,
Des armoiries brodées d’estampes faisant naître
À l’âme des passions avec, dans les bandeaux,

Des moulures dorées à figures lascives,
Entourant les plafonds hauts où, peints en décor,
Vénus et Adonis ont la flamme expressive,
Exsangue, des amants n’ayant pas fait encor

L’infime dernier pas les poussant à l’étreinte...
La rue, juste en dessous, fait entendre, à tout va,
Mêlées aux quolibets de gens buvant des pintes,
L’ample cacophonie des chansons de divas,

De ténors costumés improvisant des trilles,
Dans l’humide chaleur de la nuit qui descend,
Piazza di Navone, où dansent en quadrille
Des touristes gouailleurs aux gestes indécents .

Égérie dort, lovée au creux de ma tendresse :
Enveloppant sa peau de mes cent mille mains,
Doigts d’orfèvre attentifs aux signes que m’adresse
L’aurore de sa fleur ! Dans cet hôtel romain,

Près du Tibre où le flot caresse, au pont des Anges,
Les pieds de dix Esprits Ailés parlant au Ciel,
Je cueille au bénitier de son corps ma vendange
Et, son calice nu, éden providentiel,

Me fait homme soudain, douce alcôve italienne !
Où je viens enchâsser mon désir... Et la vie
Convoque son ivresse au bleu de nos persiennes,
En la Ville Éternelle, écrin de nos envies...

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