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Petite Mère courage

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Marie Roosen

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Emplie de lassitude, de souffrance et d’efforts
Une journée d’amertume s’empara de ton corps
Et ne le quitta plus, te tordant de remords
De désespoirs secrets et d’appétits de mort

Rayonnement intense du début de ma vie
Toi qui fus le modèle de mon enfance fleurie
Et berceau de tendresse, source jamais tarie
Chétive autant que forte de toutes tes envies

Tu portais dans tes yeux l’ampleur de tes désirs
Et dans ta bouche aimante le blanc de ton sourire
Éloignant tes tracas et ta peur de souffrir
De nos regard d’enfants pour ne pas nous trahir.

Discrète ,brillante et digne bouillonnante créature
Belle et sans artifice, proche de la nature
Tu ravissais mon père d’une insolence pure
Le comblais de douceur et lui servais d’armure

Et tu cherchais toujours comment aller plus loin
Orgueilleuse et vaillante prête a serrer les poings
A mordre la poussière, même, en cas de besoin
Pour ne jamais te détourner de ton chemin

C’est cette même fierté qui te voulut parfaite
Négligeant ton plaisir et sonnant ta défaite,
Car a trop te vouloir toujours plus honnête
Tu perdis peu a peu ton sens de la fête

Car le temps fait ravage, cet injuste payeur
Tu ne le savais pas petite femme en pleur
Qui nous as tout donne et oublie son cœur
Camouflant ses soucis et négligeant ses peurs

Pourquoi n’as tu vécu moins courageusement
T’appliquant d’avantage a soigner tes moments
Tes goûts, d’absolu, de néant
En sachant oublier plus souvent tes enfants.

Une mère n’est pas née pour être la meilleure
Une femme peut aimer sans s’en faire un honneur
Un devoir absolu, une corde de bonheur
Cet immense mensonge fermentant la rancœur

Eh oui petite mère tu n’étais pas si tendre
Car a ne point t’aimer, a ne point vouloir prendre
De la vie les plaisirs de la terre comme offrande
Ton beau regard s’emplit d’une tristesse si grande

Toi faite pour la joie, les voyages les mystères
Mise au monde pour gagner, conquérir et tout faire
Tu te fis lentement complice de ta misère
Te frustrant violemment et taisant ta colère

Et c’est ton pauvre corps amaigri de douleur
Lui qui nous a porté, bercé de tout malheur
Qui aujourd’hui se casse comme un arbre qui meurt
En perdant de sa sève et le goût et l’odeur

Devant tant de gâchis, d’injuste récompense
Mon être se révolte chaque fois que j’y pense
Et que ne donnerais-je pour que de nouveau danse
Cette flamme chaude et vive de ton amour intense

Ce que je puis t’offrir pour conjurer le sort
C’est mon goût de la vie plus précieux que de l’or
Ma gourmandise avide s’emparant de mon corps
Et mon désir d’aimer sans repris , sans effort........
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Olivier · il y a
MERCI. LES PLUS BEAUX MOTS POUR PARLER D'UNE MERE SI COURAGEUSE
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