Persistantes senteurs

il y a
1 min
133
lectures
19

Si aligner des mots sur des feuillets pendant des jours et des nuits, des mois et des années fait un écrivain, alors disons que je suis écrivain. Je suis aussi marin, ange, poète, photographe et  [+]

Image de 3ème édition

Thème

Image de Poèmes
Persistantes senteurs de corps chauffés à blanc
Chevelures haletantes, lèvres où tu plantes les dents
Pénombre sur les yeux avec l’heure qui avance
Les grands arbres soudain ont suspendu leur danse
Le vent s’enfuit déjà avec la marée basse
Il rebrousse le courant et referme la passe
Où émergent un à un les bancs de sable blanc
Il y a le temps qu’il fait et puis le temps qui passe
Il coule sans remord dans nos mains qui s’enlacent
Étais-je encore vivant, suis-je déjà mort ?
Est-ce que je dis vrai si je dis « je dors » ?
Je cherche dans les signes les signes de ta présence
Mais ne tombe sous mes yeux que la poussière d’absence
Faut-il croire le miroir qui renvoie au passé
Un instant murmuré un instant effacé
Prisonniers de nos sens, affolés par le sang
Le temps nous accable d’une infinie patience
Nous avons cru pouvoir le tromper un instant
Mais il n’est rien de vrai et pas grand-chose de sûr
J’ai bien vu sur la grève les traces de nos chaussures
Elles avancent à rebours et se noient dans l’espoir
De la vague qui meurt de la mer qui avance
Plus rien n’est certain plus rien ne tient la route
Et tout ce que je crois vient confirmer mes doutes
Il y a des heures trop pleines qui sont toujours trop brèves
Je n’en suis pas si sûr, mais il se peut quand même
Qu’en croyant me croiser, tu ne croisais qu’un rêve
Éphémère miroir de ton regard perdu
Tu croyais bien me voir mais j’avais disparu
Aspiré par le temps comme dans un escalier
Que j’aurai descendu qui m’aurait avalé
Je suis là-bas tout au fond il n’y a plus rien à voir
C’est une incertitude qui me taraude sans trêve
Crois-moi si je t’écris que je ne suis qu’un rêve
(– ne le crois pas, ne le crois pas !-)

Il y a les mots et la littérature
les bateaux, les poèmes avec leurs ratures
il y a les oiseaux, la mer, les arbres et la nature
j’étais là, avec toi, mais n’en suis pas si sûr
il vaut mieux, à tout prendre, au petit jour qui pointe
en cette heure incertaine où le soleil se lève
respirer un grand coup, poser les mains à plat
préparer du café, se faire un chocolat
et se dire au passage, que ce n’était qu’un rêve
19
19

Un petit mot pour l'auteur ? 14 commentaires

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lisez la charte !

Pour poster des commentaires,
Image de Virgo34
Virgo34 · il y a
Rêve ou nostalgie ? Mon vote pour ce beau poème.
Image de Zenso
Zenso · il y a
Joli texte dont t'on sent l'âme du voyageur. Merci beaucoup.
Vous qui êtes aussi un ange vous devriez aimer mon poème je pense. Je vous invite à le voir sur ma page, c'est facile je n'en ai qu'un.

Image de Christophe Sims
Christophe Sims · il y a
Merci Zenso, pour cette très aimable appréciation .
Image de Lumiyah
Lumiyah · il y a
je vous offre le 14ème vote, car je suis extrêmement touchée par la beauté de votre poème, il y a parfois de la sensualité dans les mots, mais beaucoup de sensibilité, de délicatesse, de nostalgie aussi, et le découragement face au temps qui passe et que personne ne peut retenir ou figer, seule, l'écriture comme vous le faites si bien peut figer le temps, et j'aime beaucoup lorsque vous dites "ce n'était qu'un rêve".. parfois nous avons l'impression que l'on est dans un rêve ou bien sommes nous dans notre réalité ? l'espoir, les sentiments se mêlent, bref, un beau cocktail de poésie que l'on voit comme un tableau avec la mer, et les traces de pas sur la grève, bravo bravo, j'ai adoré !!!

dans le partage je vous invite à découvrir mon premier texte sélectionné http://short-edition.com/oeuvre/poetik/lui-15 merci

Image de Christophe Sims
Christophe Sims · il y a
Merci Lumiyah pour cette appréciation aussi positive qu'approfondie.
Image de Jean Calbrix
Jean Calbrix · il y a
Belle poésie sur l'absence avec de belles métaphores sur la mer. Il y a parmi tous ces beaux vers, celui-ci, magnifique :"Mais ne tombe sous mes yeux que la poussière d'absence". Bravo, Christophe. Vous avez mon vote.
J'ai un sonnet intitulé "Le fauteuil", pastiche du célèbre buffet de Rimbaud. Si vous désirez le lire, c'est ici : http://short-edition.com/oeuvre/poetik/le-fauteuil-rimbaldise

Image de Christophe Sims
Christophe Sims · il y a
Merci Jean, de cette très aimable appréciation. Quant au fauteuil Rimbaldien, j'en suis resté sur le cul!
Image de Colette Ollivier-Chantrel
Colette Ollivier-Chantrel · il y a
Merci pour nous tous d'avoir repris ton stylo, Christophe !
Image de Christophe Sims
Christophe Sims · il y a
Merci à toi Colette! Comment vas-tu (à tous le sens du verbe)?. Partage mon appel au vote autour de toi, si tu veux bien.
Image de Milkyway
Milkyway · il y a
Votre poème mériterait à être davantage lu ! Très belle réflexion amoureuse sur le temps dans des alexandrins qui se délient dans une seconde strophe qui n'est plus qu'un songe. Et pourtant quel songe ! Merci !
Image de Christophe Sims
Christophe Sims · il y a
Merci Milkyway, pour ce commentaire très élogieux. Partagez si vous le souhaitez "Persistantes senteurs" dans votre constellation de contacts.
Image de J.M Capu
J.M Capu · il y a
Fragilité et fugacité des beaux instants , avons-nous rêvé ? Je suis au moins sûr d'aimer votre poésie en tout cas ...
Image de Christophe Sims
Christophe Sims · il y a
Merci!
Image de Conceição Sims
Conceição Sims · il y a
A-T