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Paradis infernal

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Ganddella

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Maintenant nous glissons sur le Rio Negro
Laissant fondre dans le dos les feux de Manaus,
La vieille bourse au latex, le marché aux épices
Et les étals garnis de créatures célestes.

La nuit est claire et fraîche, les aras la traversent
Comme la proue du bateau pourfendeuse des eaux sombres,
Puis des cris retentissent, cris tout puissants de vie
Perdue à quelque adresse immense d'Amazonie.

Dieu l'a voulu ainsi depuis des millénaires.
L'homme croit l'avoir compris, multiplie les détresses,
Renonce à la sagesse tel un tambourinaire
Agitant sa baguette, langage chargé d'ivresse.

Sur le pont noir luisant aux reflets de la lune,
Couché dans le hamac tendu entre rivages
J'évoque un noir dessein aux oiseaux qui hululent,
Prophétie pour errant écœuré du carnage.

Je n'ose imaginer ce que sera l'après
De cette hégémonie des penseurs agités,
Sangsues et exploiteurs de toutes les richesses,
Quand je ferme les yeux pour ouïr la messe.
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