Ostinato

il y a
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"Vous direz que les mots éperdument me grisent et que j'y crois goûter le vin de l'infini" Louis Aragon  [+]

Comme un boa sournois,
Au rythme de Ravel,
La mélodique trame
Monte, s enroule à l’âme.
Pressante ritournelle
Qui impose sa loi.
Etreinte en ut majeur
Qui ligote sa proie.
Etouffante chaleur !

Comme un manège sans fin
Ou comme la marée
Qui ose puis s’efface,
Le boléro tenace
Reflue, bientôt repasse
Intoxiquant, chagrin.
Enivrante rengaine
Qui suspend à ma peine
Son tempo en trophée.

Comme brume d’automne
La sourde mélopée,
Syncopes et contretemps,
Dans mon cœur envouté
Verse un soupir lent
Plaintif et monotone.
Lascif balancement
Maintes fois itéré.
La bête en moi frissonne.

Comme un fleuve qui s’épanche
En courbes élargies
Par des cordes pincées,
Des archets virtuoses,
Le rite psalmodié,
Caisse claire en symbiose,
A nos tympans cadence
Un torrent qui grossit
D’harmonie amplifiée.

Comme un danseur sorcier
De son art prisonnier,
Le boléro ronronne
De notes si charnelles
Qu’elles fleurissent vermeil.
Et les cuivres claironnent
De rouges voluptés ;
L’ibérique ballet
Dans ma peau s’émerveille...

Au crescendo qui tonne
Mon humeur chavire.
Hantée par le trombone,
Versée aux flots grandioses
Ma tête s’abandonne...
S’abîmer, dépérir,
Embrasser pour finir
La musicale hypnose
Malaise, apothéose !
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Camille Berry · il y a
Mais il est superbe ce poème !
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Cristo R · il y a
Magnifique partition de l'écrivaine à ce Boléro extatique. La montée des sentiments jusqu'à l'explosion paroxistique