Octobre

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Cinq ans pigiste pour un quotidien régional, je pense avoir su écrire dans ma tête bien avant de savoir utiliser une plume (je dis bien une plume !) J'aime les mots tout autant que les fleurs et  [+]

J’enfile des chaussettes, dépareillées, bien sûr
Des pauvresses de laine, contraintes au célibat
L’automne et sa fierté a refroidi mes murs
Mon sang s’est refroidi, refroidissant mes draps

Il n’y a pas encore de couleur aux feuillages
Il n’y a toujours pas ces flambées acajou
Au sommet des ramures

Je jette sur mes bras un tricot péruvien
Du soleil en jacquard qui chauffe mes épaules
Mon esprit, suit au ciel en pareidolies de joufflus chérubins
Qui, gommées par le vent, en horribles chimères, soudain se rafistolent

Il n’y a pas encore de flamme sur les branches
Il n’y a toujours pas de mésange présage,
Par-dessus la murette

La page vernissée de mon éphéméride
Affiche la photo d’une sente en forêt
Méandreuse charmille, aux ramées en abside
En dégradés de feuilles aux verts exagérés
Il n’y a pas encore de bois dans la remise
Il n’y a toujours pas de brouillard au matin
J’ai posé mon panier, la patience est de mise
Pour aller récolter mousserons et coprins

L’armoire bourguignonne commence à se remplir
De pots paraffinés des brimbelliers prodigues
Je cueillerai les coings et les ferai confire
L’acidulé du fruit se mariera si bien aux guirlandes de figues

Il n’y a pas encore de buissons fauve et pourpres
Il n’y a toujours pas de gras cynorhodons
Quelques rosiers fragiles s’étiolent au balcon...

Comme à chaque saison, où les chênes jaunissent
Je resterai frileuse, surveillant ton retour
Imaginant ton pas sur les herbes qui crissent
Tu rentrerais, un peu, beaucoup, et par amour

Il n’y a pas encore les murmures d’octobre
Il n’y a toujours pas les langueurs automnales
Et pourtant je suis là...

Du carnet à spirales j’ai tourné une page
En ce matin blanchi d’un givre trop pressé
Les ocres, les incarnats, les orangés sauvages
Dessinent sur l’image un somptueux bouquet

Il n’y a pas encore ton retour annoncé sous les platanes nus
Il n’y a toujours pas de quoi remplir le vide de mes puissants je t’aime
Et cette année encore, je t’envoie comme un souffle ces flambants chrysanthèmes...
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