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Nous sommes nous-mêmes matières de nos absences de publications.

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Politique

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François Hollande ne sera pas à ce qui s'apparente à nos "universités d'été", et au "Canada dry" concocté par la direction nationale. Il sera "évité". Le Premier Secrétaire ne se sentait sans doute pas digne de le recevoir, lui le "centurion" du quinquennat , l'homme de si durs combats contre le terrorisme et le décrochage de notre économie . Nous le regrettons amèrement. Les petites phrases se multiplient contre lui. Issus de bouches très actives sans doute, pendant la période concernée et qui marchaient sans doute en pensée, à ses côtés, la nuit du Bataclan, en hommes trés présent lors de cette dure épreuve. Les souvenirs remontent parfois. Ceux de la "fronde", aussi. Quand 58 ou 59 députés socialistes et apparentés ont porté le fer contre leur propre gouvernement, manquant de très peu la réussite de leur tentative.
Nous aurions aimé voir le rassemblement physique de tous et de toutes. Nous sommes aussi légitimistes qu'unitaires , chacun percevant, en ces incapacités de se tendre la main, la persistance de nos divisions et de notre faiblesse numérique. La Presse est impitoyable avec notre façon de nous renifler les uns les autres, au lieu d'oser le courage intellectuel consistant à "refaire synthèse", en repartant de ce qui nous soude, de ce qui nous unit, tous et toutes. Essayons de dégager les raisons qui ont poussé une part d'entre nous considérable vers la scission . Et de les établir de façon collective, en se mettant ensemble, en bras de chemises, autour de la table. Comme ce fut si souvent le cas autrefois. François Rabesamen, tout juste remis d'un cancer, souligne dans un article récent, de quelle façon et avec quel talent, Henri Emmanuelli et Jean Pierre Chevènement savaient "trouver leur place" en dépit de leur positionnement plus à gauche que la ligne officielle. Selon lui, le terme de "nouvelle gauche" a l'inconvénient de masquer celui de "socialiste". La proposition de tête de liste aux Européennes serait, en outre, maladroite. Nous nous abstenons de tout effort en vue d'une analyse rigoureuse et chronologique au sujet de notre exercice du pouvoir. La faiblesse du courant "gauche républicaine" en nos rangs ne facilite aucunement ce travail, car il serait le plus apte à dénoncer nos lacunes sociales et salariales, en les étalant par le biais des armes universitaires dont ils sont plus que des familiers. Il nous manque clairement un CERES. Nous nous trouvons désarmés sur le plan théorique . Les cahiers de cette époque avaient le mérite de créer le débat et parfois la polémique. Mais ils étaient étayés et portaient haut la réflexion. Notamment sur la dissuasion et l'école. La rédaction du livre "projet socialiste pour la France des années 80" empruntait beaucoup à cette méthode de travail si oubliée. Aux affaires, nous n'arrivons jamais sans bagage idéologique. Chercher les livres rédigés par Olivier Faure reste exercice difficile. Il faut un peu de patience. Il y en a un au sujet de Ségolène, un peu humoristique. Il y en aurait un autre, aussi. Il est dur de confier notre stratégie à un homme ayant si peu écrit. Autrefois, c'était une exigence incontournable. Désormais, on peut se hisser à ce niveau sans le moindre maniement des lettres, qui font pourtant partie depuis toujours de notre identité socialiste. La politique est une écriture, aussi, celle de notre peuple dont les souffrances ne peuvent pas ne pas se dire sur le papier. Les anciens sont molestés par tant de modernisme et par cette direction ne disant jamais rien de façon structurée et profonde. On ne rassemblera pas sans les mots , sans les paragraphes, sans le récit et l'analyse.
Les mots manquent, pour le dire. Comment faire l'unité, sans "L'hebdo du PS" , sans publications, sans discours, sans livres et circulaires ? Serait-ce une forme d'avantage concédé à nos "partis frères" qui, eux, soulignent sans cesse le caractère crucial de la langue et du mot pour faire sortir la proposition ? Les bases philosophiques de Jean Luc Mélenchon sont connues de tous . Lorsqu'il explique le matérialisme ou commente les discours de Jaurès de 1911 , et que les maisons d'édition se l'arrachent. Nous ne sommes pas plus idiots que lui. Juste un peu plus convaincus de la nécessité de ne rien publier. Pour nous faire oublier ou parce que nous ne sentons plus en nous le feu qui brûle et la force nécessaire pour ne pas aller sans gibecière aux prochains combats ? A quand un nouveau "Club du livre Socialiste" ?
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