Neuf platanes

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Neuf platanes voient la plaine.
L'Isère, en fond, pavane sur le plat,
Vercors et Chartreuse miroitent dans ses pas.
Sans vanité mais la mine sereine
Les neuf platanes aux feuilles joueuses rient,
A faire corps avec le vent, ils s'écrient
Ahanant du bruissement de leur laine
Faisant part de joies neuves à chaque saison
Vingt ans ils ont veillé notre maison
Et deux enfances, éveillées et saines.
Trois coupes l'an, pour repousser
Trois coupes l'an, pour un prix de beauté.
Epris de vos têtes feuillues et souveraines
J'ai grandi sans un nuage au loin,
Je tétais votre ombre pour égayer mes chagrins.
Les grandes neiges, les trombes d'eau étaient vaines
Vous les buviez, de l'aube à la pénombre.
Ma gêne est grande de vous savoir décombres,
Objets de lames mécaniques et obscènes.
Votre nature chaque soir m'émerveillait.
De vos mâts et voilures, je me rappellerai.
Quand encore, neuf platanes voyaient la plaine.
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