Naufragé

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Si tu fermes les yeux
Tu verras son visage,
Celui d'un homme heureux
Avant son grand naufrage.

Son navire a pris l'eau
Face au déferlement
Des reproches et des mots,
Armes des dirigeants.

Il a tenu la barque
Usant de tant d'efforts,
Encaissant les remarques,
Acceptant tous les tords.

Un noeud dans la poitrine
À chaque nouveau matin
Masquant sa mauvaise mine
Il était comédien.

Un rôle trop lourd à jouer
Le semblant du bonheur
Sans même laisser couler
L'ombre de quelques pleurs.

La trahison ultime
Le dernier entretien,
Celui qui vous abîme
Et dont on ne revient.

Les larmes coulent alors
Quand la douleur submerge
Prisonnier d'un décor
Il s'éloigne de la berge.

Même les yeux de sa fille
Ne pansent plus sa blessure
Vulnérable en famille
Il laisse tomber l'armure.

Il se sent perdre pied
Rejoindre les profondeurs,
Les abîmes redoutées
De ses doutes et ses peurs.

Dans cette grande entreprise
Prônant tant de valeurs
Quelques bourreaux suffisent
À éteindre des cœurs.

Le sien résonne encore
Il l'entend de très loin,
Pas à pas ses efforts
Ne resteront pas vains.

Rejoindre la douceur
Et reprendre les flots,
Éteindre le malheur
Et guider son bateau

Vers l'horizon lointain
D'un bonheur oublié,
Vers d'autres lendemains
Loin des espoirs noyés.
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