Napoléon en Nouvelle-France

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N’y a-t-il pas cinq décennies de cela?
N’y a-t-il pas cinquante printemps de cela?
Que Lévis, vaincu, déposa les armes?
Que Vaudreuil, résigné, signa la capitulation en larmes?
N’était-ce pas encore ce matin que je pleurais
Sur la tombe de mon grand-père, enterré en héros à Sainte-Foy
N’était-ce pas ce matin que j’écoutais
Les lamentations de mon père, qui de sa voix
Me racontait que mon grand-père est mort pour rien
Car quand bien même qu’il donna sa fatigue, sa fatigue et sa bravoure
Son sacrifice n’avait pu prévenir la Conquête
De notre cher pays, ayant succombé à la tempête

N’y avait-il pas deux décennies de cela?
N’y avait-il pas vingt hivers de cela?
Que j’entendis de par l’Atlantique
Que la France, pays de nos ancêtres, avait renversé son roi tyrannique
N’était-ce pas à cette époque que la France devint libre?
N’entendis-je pas les mots
Liberté, Égalité, Fraternité?
Ces trois mots sacrés qui me donnèrent le courage d’espérer?
De croire que mon grand-père n’était pas mort pour rien?
Liberté, Égalité, Fraternité
N’était-ce pas ces mots sacrés qui me firent croire
Qu’un jour, mon cher pays retrouverait ses années de gloire
Quand nous fûmes partis d’un même pays?
Quand nous étions tous Français?

Et ne fusse pas ces mots?
Qui inspirèrent un jeune artilleur encore garçonnet
Qui alla devenir général de l’armée
Qui alla devenir consul à point nommé
Et puis, enfin, empereur de tous les Français
Et quand il déposa la couronne sur sa tête
N’avait-il pas vu
Que son empire était amputé en deux?
Et n’avait-il pas entendu
L’appel de ses sujets lointains, qui lui envoyèrent le vœu
D’être à nouveau Français, mais sous un nouveau souverain
Qui jamais ne nous abandonneraient, même si nous étions des sujets lointains?

Oui, Napoléon avait entendu notre vœu
Oui, Napoléon avait entendu notre vœu
Et il est venu
Notre cher empereur
Et il est venu
Notre grand empereur

Tel Jacques Cartier partant à l’aventure
Napoléon embarqua sur son navire et fit voile pour le Canada
Et ni vagues, ni ouragan, ni même les canons ennemis
Ne purent empêcher Napoléon d’aboutir avec son armada
Sur les berges du St-Laurent, où il débarqua avec la Grande Armée
Et tel un Montcalm ressuscité sur son cheval blanc
Napoléon galopa devant ses régiments
Rassemblés et prêts pour le combat
Rassemblés et prêts pour la libération de la Nouvelle-France

Sur les plaines d’Abraham, un violent combat débuta
Sur les plaines du Canada, Napoléon attaqua
Comme à Austerlitz, ses canons déchaînèrent la foudre
Sa cavalerie déferla en raz-de-marée
Ses cuirassiers percèrent les lignes effrayées
Sa garde magnifique, au pas de charge, respirant la poudre
Chargèrent à la baïonnette, hurlant «Vive la France»
Balles sifflantes, boulets perforantes, sabres sanglants
Bataille terrible, où plusieurs périrent en combattant
Mais Napoléon, encore une fois
Fut vainqueur de droit

Et enfin, quand la fumée se dissipa
Quand l’aube d’une ère nouvelle se leva
J’entendis le clocher de mon église qui sonna le glas
Le crieur de rue appela aux gens
Leur hurlant la bonne nouvelle
«Napoléon est là! Napoléon est là!»
«Napoléon est vainqueur, Napoléon est vainqueur!»
Et les gens répondirent de tout cœur
«Il est là notre empereur, il est là empereur!»
«Il est là notre sauveur, il est là notre sauveur!»
«Nous sommes libres de nouveau, nous sommes libres de nouveau!»
«Nous sommes français de nouveau, nous sommes français de nouveau!»

Et oui, nous fûmes français de nouveau
Comme nos aïeux auparavant
Comme mon grand-père en son temps
Nous pouvions nous appeler Français de nouveau
Mon cœur battant comme une pompe, je montai sur mon toit
Et je plantai sur ma cheminée le drapeau tricolore qui flamboie
Tandis que mes voisins avaient déjà hissées leurs drapeaux
Par centaines, ils les hissèrent sur les manoirs, les maisons, les parcs et les balcons

Et tout à coup, tout Montréal baigna dans le rouge, le blanc et le bleu
Et tout à coup, Québec fit de même
Et tout à coup, Trois-Rivières fit de même
Et tout à coup, Tout le Canada devint majestueux
Car les jours de la Nouvelle-France étaient de retour

Miracle!
Napoléon avait ressuscité notre pays perdu
Et des cendres de la défaite, nous n’en conservions qu’un mauvais rêve
Car l’exaltation que nous ressentions ne connaîtra plus de trêve
Et plus jamais n’aurions-nous à chagrins pour les plaines
Et plus jamais je cru que la mort de mon grand-père fut en vain

Et c’est ainsi qu’en ce beau jour, nous descendîmes dans les rues
Avec nos femmes, nos enfants et nos instruments
Et nous nous mîmes à chanter comme des éberlues
En jouant le violon, le tambour et la flûte en dansant
Jusqu’à ce qu’il, notre empereur, arriva dans notre ville

Et ne fut-ce pas lui que je vis?
Et ne fut-ce pas lui que je vis?
Habillé de son célèbre chapeau
De ses bottes, de son veston et de son manteau
Ne fut-ce pas lui, mon empereur, que je vis descendre
Sur la Place d’armes avec tous ses soldats et ses canons
Oui! C’était bien lui!
Mon empereur, mon souverain, mon Napoléon!
Notre Napoléon à nous tous
C’est bien cela le slogan que nous violions tous proclamer
Lorsque nous le vîmes parader dans son défilé

Sous nos louanges, nos chants et nos applaudissements
Napoléon entra dans notre pays
De sa main, il reçut nos acclamations, et son visage qui nous souri
Tel un père disparu, revenant de la forêt des égarés
Vient prendre dans ses bras, ses enfants enfin retrouvés

À sa suite, passa la Garde impériale
Qui, écoutant les Canadiens chanter «Ah si mon moine voulait danser»
Se mirent à chanter «La Marseillaise» en gaieté
Et les deux symphonies se mélangèrent ensemble dans un concert inoubliable
Où chaque note des deux chansons étincela ensemble dans les airs
Apportant ainsi une joyeuse atmosphère
De musique fleurissante comme du jamais vu sur cette terre
Pendant que moi, j’appelai l’empereur depuis mon toit
Et je lui criai «Vive la France!»
Et lui, en m’observant, me répondit «Vive le Canada!»
Et Canadiens et Français répétèrent en chœur «Vive l’empereur!»
«Vive Napoléon!»

Était-ce réellement un rêve?
Ce jour divin, ne fut-il pas arrivé?
Ce jour mémorable ne s’était-il pas dévoilé sous mes yeux?
N’avais-je point Napoléon marché sous ma fenêtre?
N’avais-je point vu Canadiens et Français danser ensemble en frères?
N’avais-je pas vu mon pays enfin réunie à la mère patrie?
N’avais-je pas vu la résurrection de la Nouvelle-France affranchie?
Absolument! Comment pourrais-je m’en douter?
Car tout ce que je viens de raconter
S’était réellement achever
L’Amérique était de nouveau française
Nous étions de nouveau français
Nous étions de nouveaux unis
Grâce à la traversée de notre souverain
Napoléon 1er
Empereur de tous les Français 

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