Mouvement d'air en Matheysine

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Image de 2017
Ce matin le brouillard a effacé la terre.
Sa langue souple et râpeuse
Glisse sur les chemins,
Enveloppe les murs
Et répand son venin.

Les arbres sont figés dans ce décor laiteux,
Leurs branches entravées de tristes guirlandes,
Les oiseaux affolés sont devenus taiseux,
Les garennes égarés s’éparpillent dans la lande.

Ombre pâle et voutée,
L’Homme désorienté
Erre.
Orphelin,
Il frissonne, il grelotte,
Il étouffe et gémit,
Il invoque le vent et supplie le soleil
De lui rendre les cieux et sa terre de merveille.

Un souffle d’abord furtif lui caresse le cou,
Lui murmure à l’oreille qu’une embellie viendra
Puis s’enhardit soudain, tourbillonne et se joue
Des filaments laiteux qu’il accroche à ses bras.

Avec audace enfin une hirondelle s’élève
Vite rejointe par d’autres dans un ballet joyeux.
Les nuées s’effilochent, le ciel se soulève,
L’Homme avance à grands pas et relève les yeux.

Et soudain la voilà, majestueuse et digne,
Emergeant de la brume dans toute sa splendeur,
Sa montagne, Sa mère, Sa madone, Sa divine,
Puissance bienveillante au regard protecteur.

Ses formes arrondies tel un sein nourricier,
Un voile virginal de neige sur la tête
Protégeant le vallon de son aigle altier,
Elle couve ses enfants d’une prière muette.

L’Homme, hypnotisé, ne peut s’en détacher,
Lui qui depuis toujours travaille sur ses flancs,
Se nourrit de son lait, se nourrit de sa paix
Et d’un regard furtif guette son acquiescement.

Sa terre est un miracle de douceur et d’amour.
Et pourtant quatre larmes ont roulé à ses pieds,
Quatre lacs en miroir de notre humanité...


Catherine JANIAK
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