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Mon malade imaginaire

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L'écrevisse

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Ah ! Molière, si tu n’avais pas existé,
Je suis sûre que, moi aussi, j’aurais pu lui plaire
A ton public de nos campagnes et nos cités
En lui relatant Le Malade Imaginaire.

C’est vrai, au hasard des Archives briochines,
Je l’ai croisé en chair et en os ton Argan,
Point ne te dirai son nom, que tu le devines !
Aie confiance, il te serait allé comme un gant.

Puisqu’en ce lieu, on requiert que je le révèle,
Présenter le Sieur de Cruchon je vais daigner,
Sénéchal du diocèse, époux de damoiselle
Jeanne et fils, ô destinée, d’Hélène Saigné.

Vous avez ici mon Argan et sa Béline
J’y joindrai un personnage de belle-mère
Pour que la comédie soit encore plus divine,
Et Thomas Quintin, chirurgien-apothicaire.

Car si Cruchon se contentait d’un seul avis,
Notre homme de la faculté savait y faire
Réussissant à lui ôter sa chère vie
Au bout de cinq années de traitement d’enfer.




Comme Purgon, comme Fleurant, ses congénères,
Il distillait avec brio le bezoart,
Etalant sur un mémoire tout le glossaire
Et les additions appropriés à son art.

Sans aucun doute possible, notre bourgeois
En réclamait des ventouses et des lavements
Tant et si bien que Quintin se fit une joie
De lui infliger comme royal traitement

En tout dix-neuf médecines et douze clystères
En l’espace de quatorze jours seulement.
Pour ma part, je l’avoue, j’y vois un grand mystère
Qu’il n’ait pas trépassé longtemps auparavant.

Il est toutefois, n’en doutez pas, une chose
Qui l’eut expédié plus vitement ad patres,
Non, ce n’est point de son épouse l’eau de rose
Qui l’eut envoyé dans l’au-delà sans confesse

Mais assurément la somme pharamineuse
Que présenta le chirurgien-apothicaire
A ses enfants et à sa femme malheureuse
Devant un certain Maître Quintin, le notaire.

Voilà ce dont je me serais servie, Molière,
Si j’avais vu le jour cinq siècles auparavant,
Pour portraiturer mon Malade Imaginaire.
Rendons grâces à Dieu, tu as pris les devants.

A la manière de Molière. Inspiré par un mémoire de chirurgien de Saint-Brieuc du XVIIe siècle
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