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Mes amantes (Amsterdam, Bangkok, Casablanca, Paris...)

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AnneC

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Reine penchée, à la dignité d'une étoile,
À l'amour d'araignée dont la toile est berceau de ses victimes,
Tu m'as plu dès ton premier sourire.
En guise d'initiation, tu as dérobé mon âme
Et l'as dispersée sur tes flocons immaculés.
Tu as écouté mes plaintes et les as écoulées sur tes eaux.
Tu as fait briller mon corps au gré des rythmes effrénés de lointains quartiers.
Tu m'as enseigné la beauté de l'instantanéité des moments d'amour,
Et renversé mon regard sur ces choses lourdes de la société.
Pourtant, passé un an ensembles, je t'ai abandonnée.
Lorsque je t'ai tendu à nouveau mon visage, tu n'avais pas changé.
Tu pleurais, fort, en plein été.
Mais d'une tristesse qui sonnait faux.
Comme celle d'une chipie bêtise,
Comme celle d'une pureté qui oublie,
Celle d'un cœur d'enfant.
Ton regard doux de paroles
M'a fait goûter au présage d'un silence apaisé entre toi et moi.
Nous pourrons nous revoir,
Désormais n'ai plus mal de toi.

Déesse aux tulles vermeilles,
L'humeur de ton ciel en décomposition
M'émerveille encore et me fait voyager dans le temps.
Cataliseuse de souvenirs kinesthésiques
Où se substituent aux impressions de chaudes caresses,
Tes opales liquides, tes rires éclatants, tes folies rassurantes,
Tes torrents de fraîcheur fruitée
Et nos gouttes de sueurs ravivées par tes succulentes épices.
Toi aussi je t'ai quittée,
Après une histoire aussi brève que riche.
Mais tu le savais,
Nous connaissions déjà toutes les deux l'amertume
De l'éphémère qui ne pouvait plus être.
Je reviendrai te rendre visite,
En souvenir du bon vieux temps.
Et nous nous sourirons,
Comme deux vieilles amies.

Mon jeune, mon tendre, mon féerique amour...
Même si je t'ai fui, je continue d'avoir les yeux tournés
Vers le drame de tes immensités.
Ton ciel m'épouse et m'épuise,
Rendant ma peau dépendante de ton énergie.
Sous la chaleur pesante d'un mois de février,
Le soleil a tatoué sur moi ton souvenir.
J'y ai surpris un enfant le tutoyant,
Au milieu d'une symphonie de klaxons,
Où s'affrontent des orgueils à géométries variables.
Tu es mon amante du "Pourquoi-Parce que".
Mon amour-vache, qui brise pour mieux retenir.
Mon être de lumière adolescente et dispersée.
Je revis en songe ce sourire qui fait le tour de ta tête.
Il a arraché ton regard enflammé à mon cœur,
Qui rugit encore, sourdement, pour crier mon manque
Et revivre une dernière fois le jour de notre mort.
J'ai peur de te revoir, si peur que tu aies changé, grandi.
Que nous ne soyons plus les mêmes.
Que nous ne nous comprenions plus.
Pour l'instant, je préfère te tourner le dos.
Seule la larme qui coule sur ma joue sait combien j'aimerais me retourner.

Et toi, toi..
Infâme petite peste, ingrate et prétentieuse...
À la beauté étourdissante, enivrante,
Et que je ne peux détester
Tant ta perfection nourrit mon admiration.
Tu es comme la grande sœur que je n'ai jamais eue.
Tu es ce modèle que je voulais imiter pour en dépasser les limites,
Pour me sentir digne et vivante dans la multitude.
Un amour torturé, comme moi,
Qui regorge de ces occasions où boire les souvenirs de mes autres amours.
Mais la profondeur de tes pensées m'effraie,
En semblant menacer mon cœur de l'accomplissement de ces choses
Espérées depuis longtemps dans le noir.
Et pourtant tu es l'amour que j'ai choisi d'épouser là, ici et maintenant.
Et qui me susurre en sourdine de ne pas avoir peur.
Mais donne-moi enfin de quoi t'aimer !
Donne moi l'envie de laisser s'encastrer ma tête si parfaitement dans ton cou,
Et ma parole dans ton silence.
Guéris ma déchirure d'être divisée en mille pièces.
Aide-moi à me suffire, à me laisser regarder,
À me laisser aimer, simplement.
Et peut être qu'alors je nous envisagerai,
Peut-être même à l'infini.
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Elena Hristova · il y a
une invitation en voyage qui tient tous nos sens en éveil
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Partner · il y a
Je n'ai rien pu faire d'autre que me laisser emporter