Mémoire de l'enfant

il y a
1 min
6
lectures
0

La poésie est partout. Elle ne dit pas. Elle signifie  [+]

Sur le sentier de mon enfance,
Celui qui ralliait l'écolier à l'errance,
Comme j'aimais talonner les traverses des rails,
À demi rêveur, impatient que mon train s'en aille,
La langue attentive au sonnet comme un pied qui refuse de trébucher,
Sur le ballaste damné ou le mot encore trop rude pour mes tendres années,
Le long des lisières où poussaient d'immenses fougères anonymes,
Avec autant de panache, je croissais moi aussi sous la pluie des rimes.
Voyagions-nous si loin enfants ; le cœur déroulé sur des kilomètres Ferré-s,
Dé(b)raillés, claudiquant, le regard noyé dans les couleurs qu'un soleil faisait défiler ?
Sautillant de pleins en déliés avec comme plume mon âme trempée dans la brume,
Je gommais l'étoile au matin naissant ; j'écrivais lumière quand partait se coucher la lune,
Un monstre de sourires tapi dans ces cahiers auxquels le poésie manquait toujours,
Dévorera trop tôt l'homme que je deviendrai un jour,
C'est lui qui crée les espaces pour reprendre de l'air,
Et lève sur les braises un vent qui incendie même la terre.
Quand, ainsi qu'un poète, il dévale les chemins ;
Comme un wagon enflammé de chagrins,
S'en allant calciner tranquillement le papier,
Et frapper de tous bords les ombres glacées,
Jaillit un phénomène que la physique n'a su rendre majestueux,
La sublimation : le passage direct d'un corps de l'état solide à l'état gazeux.
0

Un petit mot pour l'auteur ? 0 commentaire

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lisez la charte !

Pour poster des commentaires,