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Marche

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Icare

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Marche, marche, ne cours pas, marche, oui toi marche, face aux bruits que fait la nuit, face aux marches bleues lumière, marche. Marche, marche, ne cours pas, marche, détruis toi, marche, marche, maaarche, mâche des flammes et des couilles de sable, mache petit être rabougri moche, marche, hoche la tête cassante et lâche, marche, marche, sac à pied qui marche, ne cours pas, ne fuis pas, marche, sac à merde, marche, lève-toi, marche, debout, marche indicible puant que j'ausculte tes pores, porc-épic, marche et doute. Marche et ma ma marche.

Casse. Ca ca casse la m m marche. Arche brute de Noé marche. Marche et cri, crache, marche ténèbres charch, cherche, marche, scrute l'horizon de tes doigts malhabiles, marche, sécrète du pus pur, marche, marche petit homme de lumière, être troll démon diffus lumière marche. Caché dans le sac, marche, ne cache pas le sac, marche avec ce ballot de sable. Marche, marche, farce, marche avec la farce, gâteau à la crème. Marche. Soir, sourire, marche, fonctionne la marche, marche droit, courbé, las sur ces deux jambes le sac de sable. Marche, lèche mon coude, marche, sèche, mèche rebelle dans le bas du dos Rita Mitsouko, Chevallier et Laspalès, marche, oui marche, droit mais courbé sous la dune, marche, s'éparche. Farce, Marche En de petits clapotis secs sur le bitume. Marche, ne dors plus, ne cours plus à t'en essouffler le cœur, marche vers l'eau, vers la brume, vers les éclairs que font le ciel. Marche. N'attend pas la fulgurance innommable, marche droit, mais courbé en quinconce de la rue pavée de brume. De sable. Marche.

Marche sur l'eau le sable. Marche. Mâche. Sèche cette mèche rebelle dans le creux de tes fesses. Marche. Poucrarche. Marche. Sirch. Marche. Corps qui marche lent sur l'herbe du sol de sable de la rue de l'eau pavée d'andouilles et de satans imparfaits. Sacré scène. Mais marche. Laisse ton sac de sable sur ton dos courbé, fais toi la marche, souris aux coureurs, mais marche, loin, vite, haut, lent, petit, parfait, marche lente silencieuse, marche, échasses solides attachées aux mains, marchent elles aussi peut-être. Marche la lune, marche le soleil. Que la vie soit marche et tristesse d'enfance. Pleurs de cri, marche dans la rue pavée d'étoiles, marche le sein nu contre une torpille sèche. Marche. Luis dans le jour des platanes mauves. Marche. Marche petit être sec et cassant. Marche lune amère, marche petit boulot abject, marche. Parce qu'il faut que je marche c'est ça je crois. Marche alors, marche dans le lit, dans l'oreiller qui marche. Sèche la marche. Mâche la rie de sèche dans l'eau grise de flamme. De flemme marche. Jusqu'à l'aurore marche. Fume l'air qui marche. Petit fil solitaire dans la nuit, marche oui marche, ne cours pas, ne t'enfuis pas trop loin de toi, et pourquoi ta marche ?

Pourquoi la course ? Pourquoi le piétinement constant du soir au matin de la douce lueur. Flamme sale et rauque brume marche. Luis le monde de ta marche, éclaire la pénombre, marche, guide les faibles, les queues branlantes, les sauvages domestiques, les frappés du bulbe. Mer grise sac à merde, à foutre, marche.

Ne te laisse pas, marche, avoir, marche, avoir la marche, strier le son qui marche, fraîche lasse, marche, facile marche peut-être, organique, lueur dans le ventre, marche, marche aux coins des yeux : sourires. Lueur qui pétille sur les bras, yeux crantés, corps gantés, mousse de poil qui frissonne. De la bave qui coule et un corps qui frotte, marche. Une respiration haletante, marche, un couteau coupé à vif drapé dans un mouchoir, marche, un silex, béret gris rouge, marche, aveugle, marche, cri la marche, la marche qui marche, aveugle le cri et le sang sur mes lèvres, la bave du cul, marche, les mains sur la tête qui frottent, marche, les délires insipides qui marchent, reste droit, ne fuis pas, marche, aveugle pensée aveuglée par l'indicible. Indicible douleur planquée au fond du ventre, marche, fuis la lunette, fuis l’aveugle, mais marche, ne fuis pas, fuis les délires lourds et illisibles, des sourires crantés, crampons dans la bouche, marche, couteau sous la gorge, immense peine au creux du corps, à l’orée du vif, des pics aux pierres, il fallait s’y attendre.

Marche, illumine tes délires petit être maladif et fou, illumine ton crédit fou, marche oui marche, montre à l’aveugle et au démon rouge dans ton corps qu’ils ont raison de te suivre à la trace, marche, sale de toi, seul de toi, seul. Marche. Marche seul. Marche
Seul
Marche
Seul
Marche
Seul

Barjavel seul marche Mozart scande l’hymne du bouton d’or, cri de pierre, marche, interdiction de chahuter, sinon fessée et suppo, marche, ça marche. Ça marche seul. Ça marche seul les suppos. Ça a besoin de personne. Pourtant ça marche, marche. Oui marche, poème crayon main yeux vides marche, nez qui souffle, mains qui saignent, cicatrices dans le corps, couteau sous la gorge, crème de visage abjecte, horrible, je te la ferais bouffer

Marche. Plus qu’une seule solution. Marche, marche et critique la lune, lune. Belle lune beige. Marche, paroles, que des paroles qui dansent.

Adoucissent les mœurs les paroles, marche, plus saine la marche, plus ragaillardie. Relève-toi, porte ton fardeau lourd comme la vie haute, relève-toi, porte toi la pisse dans la rue, oui dans la rue mauve. Là-bas les tuiles mauves. Enfin les lueurs, crinières du feu doux.

Marche, petit lutin vert de plume. Marche. Laisse-toi sombrer dans l’abime sombre de ce corps si doux, ce corps si faible.

Va te faire foutre toi et tes désirs de rêves volés. Marche, laisse-toi distancer par les paroles du faible qui joue, marche, qui marche, pensées fugaces, trop fugaces, marche.

Ça marche. Marche. Bien. Ça marche seul bien.

Le soleil recouvre ma peau écarlate âme lumière essai sombre ? Essai incertain, essai de marche. Juste mots dans cahier caché sur le lit. Marche. Beau la marche.

Secrète la marche, sous-terraine, drue, sûre d’elle, longue, fastidieuse, rocailleuse, pentue, drue, mais farce, farce, farce la route, pleurs et rire jusque dans les cimes du ciel.

Longue la route, marche, marche, la mort te guette, marche, sans te presser, aucune pression, on meurt tous, alors marche. Ton corps petit-grand titube, crâne exquis. Esquisse de flamme nue sous la houle. Sourire et lèvres rouges, baisers petits, câlins doux et mystiques. Solide pont de mer qui suinte du suc de dune sage. Maître marche, élève marche tout pareil, bonne figure de classe, élève sage et minois merdique.

Compris ? Marche seul sous la merde dune sable bleue crème de visage. VA TE FAIRE FOUTRE.
Grand porc violeur d’enfants Icare. Trop près du cul, pas du soleil. Salope, lop, antilope. Salope, Salope, Salope, SALOPE, marche, marche.
LUIS.
LUI,
Luis oui.
MARCHE.
SOIS.
GRANDE MARCHE.

Armée des morts invisibles qui s’avance. Nus les morts, jusqu’à quand ça dure, pourquoi pi. Pourquoi les mains et les lignes tatouées dessus. Pourquoi ça. Pourquoi souffrir, meugle, mal embouché c’est ça ?

Oh je ne crois pas moi non. Non non, marche le mal embouché, chamboule tout le boulevard, chamboule, boule, boule tout.

Et puis la boule roule roule marche jusqu’aux confins de la marche qui roule la boule jusqu’à l’infini ne s’arrête jamais et ne marche plus roule la boule marche roule, luit la boule, sombre bloc de pierre rond qui luit.

Roule la boule, roule la marche ; sois la boule et la marche, ne parche plus, ne farche, fâche plus ta peau de prières et de sens invisibles et gras. Roule. Pense plus à la boule qui marche. Non roule.

Et puis peut-être qu’un jour
Que la boule deviendra grande lueur dans la mer qui flotte
La boule qui flotte sur la mer
Qui flotte, qui flotte, lueur boule jamais plus vivante dans la sueur du vivant ailleurs que dans les ténèbres de la vie des forêts humaines.

Oui car jamais lueur dans tes yeux crantés si toi boule sans saveur sans pulpe sans roule qui marche

Marche la pulpe, roule roule, roule la voiture de foudre de foudre dans le plomb de tes jambes qui marchent. Repense repanse tes pores fumants d’indicibles plaies béantes mal au cœur, à l’âme, envie de crier la boule du cœur dans la poitrine qui marche et meurt la marche, ferme la marche un jour peut-être, mais cœur toujours las. Touché mais là le cœur.

Soudain. Flèches dans la boule et fumées verte dans le canot lourd. Le sel s’en va ses lueurs sont prières qui massent. Obscur néant dans le corps. Dans le cœur que se passe. Pourquoi flèche, moi pas savoir quoi moi dans mon corps de néant, quoi se passer dans boule de sentiment, pourquoi moi pas manger, pas pleurer, pas branler, pas luir, pas parler, pas pouvoir se lever, ni marcher, ni pleurer, ni marcher, ni rouler, je dois rouler, mais moi j’y peux rien que je puisse pas pouvoir le pas qui passe tout à coup dans le lit et qui ne s’arrête pas.

La passe de la prostituée céleste s’arrête dans mon sable. Elle regarde mes sacs et ma boule jaune de lueur secrète. Pas chère la boule, que la marche soit boule maintenant, et qu’elle file dans la forêt d’insectes puants le souffre et le pet maudit.

Touché en plein cœur le pet maudit, moi je marche, je suis la terre sous mes ongles dans les doigts durs et cassants. Cassant ma dune. Ma dune j’en parle je boule beaucoup de ma marche. Espérons qu’un jour je sois plus boule que marche, ou marche que boule, qui sait quoi le meilleur, je ne le sais pas, je ne le sais plus et ne l’ai jamais su, je suis juste las, las sur une fourrure lasse de lasse blanche lasse de chèvre chameau châle dans mes lèvres qui s’articule blanche hâle, châle oui male râle dans le coin de la gorge

Cris
Cris oui
Cris toi oui qui te cache dans tes yeux
Sous tes sourcils, sous tes cheveux rasés tu te caches ça pousse dans ton corps les cheveux maintenant, au creux de ton cul j’ai dit, oui je l’ai dit et je le redis, ne t’arrête pas sur le bord de la route, oui pense mais marche, ne réfléchis pas, vis la marche, vois la marche, visualise ta chute dans le flot incessant qui ne cesse de cesser. Ah la cession que cesse fut la cesse ah la cesse fut la marche de la cesse de la boule lasse. Oui la boule la boule elle roule toujours facilement sur mes doigts de ma haine fuit la hargne hâle cage prison dorée ou je marche avec mes pieds nus de chaussettes d’hivers froides. Froid aux pieds mais marche, c’est l’hiver, neige et pluie de lame dans tes yeux oui âme infecte. Infecte ? Infecte toi de la pudeur de lueur de flamme, ne t’arrête pas, jamais, jamais plus, pas l’argent non, pas les gens non, la vie, juste la vie, la profondeur, le vide, le néant, le rien, l’absurde, la mort, la vie, la vie, la vie, la vie la vie la vie la vie la vie

O la vie, la vie, l’as-tu vue la vie ?

La vie qui vulve, qui trépigne dans tes valves ? Qui lacère ta peau de brume, lune, enclume, dans la forêt de béton dur, or blanc sur les cheveux du monde qui frissonne de la peur des poissons dans l’eau qui sortent en s’échauffant les écailles sur les pierres, le vide. Le vide est en moi, je le sens, je sens la marche, je sens la boule, je sens la houle qui grandit et monte en moi, je ne m’arrête pas, elle roule la boule, ça me tuera un jour la boule, mais qu’importe la boule, la houle oui car je pulpe maintenant, je pulpe la houle, la houle la houle la houle je pulpe, je palpe des billets de lames vertes, bleues, jaunes, blanches, grises, arcs-en-ciel de foutre ciel de pierre, moi en bas sur la plage qui regarde mes pieds froids et nu et je me demande

Où est-ce que je suis et pourquoi que je fais que quoi hein que j’écris le quoi de mes doutes de mes reins qui me font mal je vieillis, je meurs, oui je meurs, je ne peux plus cracher mes poumons, je luis, je flamme, j’horripile, bim bim bim, je bim je bim je boule, je bim j’abîme l’abîme de l’abîme qui est en moi en mon abîme, mon abîme qui marche qui luit l’abîme moi lame infecte de poison de mes lèvres, de mes yeux qui se ferment qui veulent dormir mais moi je pas m’arrêter moi non pourquoi moi pas fini moi pas complètement mort-vivant moi mort vivant pas mort hein quoi pourquoi mort pas moi oui moi eh bien moi je me nois et puis tant pis, dans le pédiluve.
Tous dans le pédiluve de la vie, que l’on s’y baigne et s’y amuse, fort, très fort, plus fort que quand le vent nous époumone le corps et le cœur de la lune, dune plume dans les doigts qui tapent et frappent, durs, le mur, bétons où lettres s’agencent, magiques sur bleu du ciel de lune grise oui grise.

Point
A la ligne
Point à la ligne
A la ligne, point à la ligne
Jamais point, que des lignes qui ne s’arrêtent pas de recommencer, et de luir, et de fouiller dans les pores des lignes, des pages, des cahiers blancs, pulpe absente pourquoi pas dur mou, moi mou, pourquoi pas pulpe, pourquoi quoi pas moi, pas hein, pas marche des fois moi dans lit pas jambes, plus bras, plus souffle dans nez, juste suicide moi oui dans lit je veux quitter la boule parfois, quitter la marche, mon corps et scruter la vie au travers des yeux de la boule qui boule dans la houle.
Regarde comme la boule roule dans la houle. Admire son œuvre.
As-tu vu la vie qui vit telle que la vie ne vécut jamais sans vie ? Sans vie la vie d’avant, pas de pulpe dans la vie, pas de sang dans les prières, pas de sueur dans les cils de dune, pas de tapotements lourds dans le corps qui ne veut pas s’arrêter de luir.

Ne luis plus corps je t’en prie, tu me fais mal. Et le corps dit : « Mais je marche, je ne luis plus maintenant, c’est ce que tu as voulu, regarde comme ça nous fais du bien maintenant. Regarde moi je danse. Oui je danse dans la leur du jour. REGARDE L’AVEUGLE. REGARDE-MOI PLEURER MA BILE. Pleurer mes cris sur le sol. Je suis corps de lâche passé, futur je ne sais, ne le saurais jamais. » Tant mieux, rien ne me prépare à l’étrange sensation qui me sort en bas du dos.

J’arrive, je marche, vous ne m’attendrez pas, vous ne saurez pas que je serais, mais je serais, je luirai dans le jour de la nuit de la lune de la dune de ma poupée de cire de montagne.

Je suis Icare
Je marche dans le soleil
Je marche dans la dune
Je marche dans mes sacs de sable
Je les fais rouler en haut de la montagne, moi Icare Sisyphe
Regardez-moi hein moi oui moi je marche

Regardez-moi je marche
Et je pleure

Bientôt je pleure

Regarde-moi

Seul

Moi Seul

Je pleure

Seul

Moi seul je marche dans la dune.

Regardez-moi

Ma lueur s’éteint

Regardez-moi vite et bien, Foudres.

Regardez mon destin qui brûle.

Moi qui vous parle, je brûle avec lui.

Regardez-moi vite

Bien

Avec vous

Je vous sens, vous êtes là

Vous battez ma poitrine

C’est vous les oiseaux

Vifs vos yeux ils doivent être

Répéter les mots durs et cassants peut-être, vous aussi peut-être marche pour comprendre.

Peut-être un jour moi Icare je moi je hein moi cœur de soleil dans le soleil et la lumière des yeux

Je luis

Je fuis la marche et la boule


Existe, petit bout de marche du rien qui marche dans les flaques

Mouille-toi
Mouille-toi
Mouille-toi
Mouille-toi
Mouilletoimouilletoimouilloumouilleomouimllemouimotoi toimouillemouimoiomoimoitoimouiomoilemouimouillemoui


Respire























Respire





















































































































Respire























































RESPIRE










































PLEURE.
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