Créer des bijoux de mots pour orner le mystère d'être au sein de la perpétuelle métamorphose  [+]

Notre copain Rodolphe, que dans ses taciturnité et discrétion égales nous connaissions depuis le collège, emportait toujours très peu de bagage lorsqu'il nous accompagnait en voyage.
Ainsi l'une des poches de son sac de cuir bordeaux garantissait l'hygiène élémentaire, alors que l'autre enfermait un pantalon de rechange.
Il lavait ses vêtements presque chaque jour, employant à cette tâche une bonne partie du temps, buvotté, jovial, complice, qu'il aurait dû passer en notre compagnie.
Un soir, son regard pers dans le vague, il répondit énigmatiquement à quelques-uns qui se moquaient de ses écartés cérémonials :
- À la vérité, mon bagage paraît léger, cependant il est, je vous l'assure, le plus pesant et le plus écrasant qui puisse être !...
C'est le lendemain de ces paroles que Rodolphe fut retrouvé mort dans sa chambre. Un arrêt cardiaque fut diagnostiqué.
Tout au fond de l'unique sac qui lui aura suffi et qu'il aura transporté partout, on retrouva, d'une blancheur de lys, le crâne de sa femme portée disparue depuis plus de cinq années.
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