Les yeux exceptés

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L’encre de la nuit entache la lune
Fonce sur les toits, coule sur les murs,
S’étend sur la terre et, par infortune,
Imbibe les plaies, noircit les blessures.

Un silence pesant écrase la ville,
Étouffant les cris, asphyxiant les sons.
Derrière les vitres, les humains dociles
Oublient leurs envies, leur passé, leur nom.

Les pavés glissants éclatent soudain.
Chaque pas résonne ! Une énergie folle
Met le feu aux ombres, incendie les coins.
L’air est vibration, les ondes carambolent.

Il est si puissant, féroce et râblé.
Il ne pense à rien. Sa crinière d’or
Lui cache le visage, les yeux exceptés,
Deux puits de lumière. Jamais il ne dort !

La porte est ouverte, il entre aisément.
Il sait qu’elle l’attend, douce et alanguie.
Elle n’est pas surprise, et dans un élan,
Elle s’embrase, plie, se perd et supplie...

Sur sa peau, deux taches, ecchymoses bleues,
Se dissiperont, jour après jour.
Sur son âme, deux taches, reflets dangereux
D’un regard perçant, resteront toujours.

La nuit se dilue. La rosée du matin
Délave le ciel, gomme les nuages
Elle est endormie ; il est déjà loin,
Vibrant, apaisé, repu et sauvage.

Il ne pense à rien. Sa crinière d’or
Lui cache le visage, les yeux exceptés,
Deux puits de lumière... couleur de l’enfer.
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