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Les bienveillances ennemies

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Maksweyl

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Quoi de plus meurtrissant, quoi de plus aboli,
Que marcher d’un regard qui sent pour toute vue,
Que ce pont, ce clocher, respire, râle et rit,
D’une vie qu’on aimât et qui ne sera plus ?

Car il est rattaché à la perte d’un cher...
Car il s’est entiché de figer sa mémoire,
Sur les balcons des murs, tel s’y forgea le fer,
En laissant s’agripper un suicidaire espoir !

C’est un deuil qui prend part pire que dans le cœur,
C’est un deuil qui surgit jusque dans chaque feuille,
De cet arbre où naguère, on embrassait les heures,
Qui fuient maintenant et confondent l’orgueil...

Tout enceint le décor, qui grise et qui terni,
Car il y a autant de bonheur que de larmes,
Dans cette triste joie, qui furète un sursis,
Au seuil d’un vif passé qui garde encor son charme.

Tout se tache d’un trouble où les beaux yeux se mouillent,
Son visage apparaît sur la brune aquarelle.
On murmure son nom, pour prévenir sa rouille,
Mais le vent qui répond ne lui rend plus rituel.

Dans ce désir déçu, crépuscule de l’âme,
On sait bien que plus rien n’annonce sa venue ;
C’est sa marche funèbre aujourd’hui qu’on entame,
Et je baisse les yeux en remerciant qu’il fut.

N’y-a-t-il que l’exil, pour s’échapper des lieux,
Qui suintent sa présence, ou s’estompera-t-elle ?
Il est mort aujourd’hui, il faut lui dire adieu,
Comme j’ai dit bonjour, lorsqu’il bondit du ciel.

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