Lent saignement

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Volutes féminines : Portraits de femmes autour de l’opposition entre la beauté et le poison. Ces textes s’articulent autour d’un geste et des multiples définitions qu’il est possible d’en  [+]

Lorsqu’il est temps de voler de ses propres ailes,
L’enfant doit quitter son cocon maternel,
Et s’envoler vers la petite école,
Pour y apprendre ses premières bricoles.

Il y découvre son langage, fait connaissance avec l’amitié,
Ses dessins et coloriages, commencent à évoluer ;
Il développe son imagination, fait naître sa créativité,
Il fredonne l’air de ses chansons, qu’il entend pendant les récrés.

Mais vient le temps des premières chamailleries,
Où les plus forts font leur loi sur les plus petits,
La récréation est l’occasion de régler ses comptes,
Et de couvrir les plus faibles du bonnet de la honte.

Le but du jeu est de semer la terreur,
Le respect est là une question d’honneur,
Où le faible est la cible de l’insolence,
Et où le cancre cultive la vengeance.

Les professeurs ne sont pas toujours exemplaires,
Parfois trop sévères ou bien peu autoritaires,
Ils ne tolèrent ni les absences, ni les retards,
Mais sont les derniers à se lever du plumard.

Ils enseignent le français mais ne trouvent pas toujours les mots,
Ils résolvent des équations mais les quotients restent à zéro,
Comble d’un sort qui n’est pas destiné à l’ironie,
D’un cours d’histoire-géo jusqu'à la physique-chimie.

Certains méritent le respect mais ils ne font plus la loi,
La nouvelle génération leur mène un ardent combat,
Entre les bavardages qui se transforment en chahut,
Le programme scolaire s’est tout simplement perdu.

Entre un bourrage de crâne sur des sujets peu inspirés,
Et des formules mathématiques basées sur l’inutilité,
Les plus sérieux et rigoureux seront parfois évincés,
A cause d’un examen qui ne leur était pas adapté.

Impossible dans ces conditions d’avoir de bons résultats,
Les bulletins trimestriels reflètent l’ampleur des dégâts,
Seuls certains élèves arrivent à finir une année de scolarité,
Avec les félicitations d’un conseil de classe désemparé...

Ajoutez à cela des sacs de cours trop lourds,
Avec des livres dont on lira une demi-page par jour,
Mais que l’on dira obligatoire pour les besoins d’un exercice,
Qui n’aura pas lieu car la prof à du jouer l’éducatrice.

Une fois traversé le périple de la vie scolaire,
Les heureux bacheliers remettront vite les pieds sur terre,
Quand l’éducation nationale se moquera de leur diplôme,
En les laissant sans avenir comme de vulgaires mômes,
Quand le système qui dirige notre si belle société,
Laissera les plus méritants orphelins d’un beau métier.

L’école est aujourd’hui l’image d’un endroit peu fréquentable,
Que les « Dieux » de ce monde laissent devenir épouvantable,
Un contexte où l’homme enseigne avant tout l’art de la violence,
Un lieu devenue « culte » pour les incidents de la délinquance.

L’enseignement est un lent saignement,
Qui a su enterrer la vie paisible d’un enfant,
En ayant voulu faire de lui quelqu’un d’intelligent,
Avec du temps, de la persévérance et beaucoup d’argent ;
Oui puisqu’il faut avoir les moyens pour assurer son avenir,
Il faut même se ruiner sans être sur de ce que l’on va devenir.

La scolarité est un rassemblement de la mauvaise éducation,
Bâti par l’insécurité entrainant de malsaines fréquentations ;
A présent un professeur n’est peut être pas été assez formé,
Pour avoir suffisamment de mérite et de courage pour enseigner.

Ce lent saignement, c’est :
Le cri d’un enfant qui pleure de devoir aller en cours,
Et les coups et blessures sont surement mieux qu’un long discours...
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