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Le Requiem du Démon

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Zenoss

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Le requiem du Démon

A P.E., Nolatari

La Nuit est la mère d'une nature qui murmure des secrets dans l'ombre.

Des ténèbres éclot une fleur dont la lueur éclaircit l'hiver. Elle est la douceur de l'Aube et le secret d'un flocon de neige. Elle est comme une rose bleue figée dans un désert de glace. Mais l'Hiver est tenace et alors même que la tristesse lui fait face, elle préfère lui caresser sa glaciale hardiesse.
« Elle fleurit dans le carnage comme une corolle dans l'Aube ». Elle est l'étincelle au fond de l'Océan, celle-là même qui nous embrase dans les tréfonds du temps.
Des ténèbres a éclot une lueur qui fragilement efface les peurs. Elle est le joyau d'un royaume perdu et le fruit d'un amour délaissé des candides. Pensée de mystères aux frayeurs enivrantes, elle découvre l'envie comme une feuille au vent. Elle est la pénombre de nos propres abysses et l'ivresse de notre folie. Un jour, comme une jeune fée s'endormant dans le creux d'une paume, elle se laisse tomber dans un rêve.

L’Aube subtile se cache des fils du Soleil pour se terrer dans les mystères de la Nuit.

C'est alors que surgit un enfant. Il est comme un rayon de poussière qui luit dans l'ombre. Elle commence à l’aimer comme le frère qu'elle n'a jamais eu. Puis vient le temps des amants qu'elle ne supporte qu'avec le poids du regret, car comme une Fée son cœur est encore trop petit pour de si vastes sentiments ; car si souvent elle lui dit : « J'aimerais être une Fée pour dormir dans le creux de ta main ». Il lui répond un sourire car il souffre d'un profond secret enfoui dans les fonds de son amour. Il sait que sa folie, aussi ravagée est-elle, ne saurait la combler corps et âme. Mais il l'aime. Il l'aime comme une mère qu'il n'a jamais vraiment eu. Il l'aime comme la sœur qu'il n'a jamais eu. Il l'aime comme l'unique être à qui il voue l'entier mystère qui le hante. C’est en l’aimant dans tous les sens que l'enfant se perd et tombe dans les pensées de ses propres entrailles. Il s'engloutit dans l'esquisse d'un amour illusoire. Et avant de glisser sur le sein de son sommeil amoureux, il se dit que leur histoire ressemble à un songe qui fait la rencontre du rêve.

Le Soleil se lève à peine que voilà déjà l'éveil d'un cœur froissé dans l'hiver

Sensations de rayons qui envahissent leur âme, un scintillement de silence les unis. Ils dorment ensemble comme deux amants qui à jamais s'oublient dans l'extase. « Le monde est cruauté », se dit-il, mais il survit pour apprendre à l'aimer.
Pensée à son amour : « Sa féminine vivacité est une goutte du temps qui rajeunit le plus naïf des hommes. Son caractère au goût d'ouragan me surplombe comme une plaque céleste aux nuages sans fin. Je me languis d'être l'esclave de son mystère car d'aussi loin que je me souvienne, elle m'a toujours frôlé avec une volupté divine et d'aussi près que possible elle excitait mes sens dans une danse aussi folle que fougueuse. ». Il faut de toute façon s’enivrer.
Drames et larmes remplissent les deux amants d'une vie qui jamais ne s’ouvre vraiment. « Qu'est-ce que la vie sinon un sentiment que l'on poursuit ? », se dit-il en regardant son amour. Elle lui répond un sourire effacé, détentrice d'une vérité de plus en plus tranchante.

L'Hiver murmure un chagrin qui traîne au sol avec le secret des flocons fondants.

Tel un bourgeon de Cherokee, il se dévoile dans la mélancolie. Elle est partie comme une ombre, le laissant seul face au nœud de sa faim. Alors, il arrête le temps comme jadis lorsque leurs corps s'ébranlaient ensemble. Il ne veut pas mourir, mais il attend la mort comme sa plus fidèle conseillère, amie. Un désert de glace au parfum de vide assèche les ruelles de son cœur. Le petit homme aurait sous-estimé la puissance dévastatrice de l'amour. Mais jamais il n'avait encore croqué dans l'amertume d’un amour défunt.
« Après tout l’infini n'est coupé que par les limites du mystère et de l'inconnu. Et je détiens désormais en moi le parfum de l'ivresse à jamais et pour toujours. »

C'est un enfant qui côtoie le ciel comme son seuil ;
Et le Vent l'emportera près de l'inconnu,
Et le Vent est là avec son parfum de deuil
Car c'est un enfant aussi impatient qu'ingénu

Le bruit du monde est écouté dans une conscience perdue dans les saisons.

Un silence de deux amants de jadis est enterré dans le tombeau des souvenirs. Les pensées de l'un habitent l'autre comme un soupire aux parfums d'automne. Mais son cœur verse des larmes que ses yeux ne parviennent à faire. Et son corps tremble quand son esprit est aussi dur que la colère. Une rage cachée dans l'ombre, son âme saigne pourtant d'un mystère aussi pur que vermeille.
Une douleur de deux amants de jadis est plongée dans les tréfonds d'un océan. Leurs écrits s'esquissaient l'un l'autre comme un mot doux aux saveurs de renaissance. Assis sur le sable des immenses plages, le vent les emporte dans un rêve qu'ils ne peuvent toucher du pouce. Pris dans les courants de la mer et du temps, l'amour solitaire se déchaîne sur l'horizon d'un soleil couchant.

Le silence est une douce mélodie que les plus fous se languissent d'écouter.

Bourgeon fragile d'un printemps précoce,
Des amants perdus dans un monde perdu
Songent d'un rêve enfoui dans un regard si nu ;
Comme un arbre qui perdrait de son écorce...

Admirée comme une Lune sans aura, elle traîne dans l'illusion du trépas.

Les faux se resserrent, étreinte d'une ombre qu'il faut éteindre.

Amour pour une pousse de bambou, un père le délaisse pour se fondre dans la pénombre d'une corruption trop étendue. Oubli de l'humain, oublie de la vie, y-a-t-il un bout fermé à ces terres ténébreuses ? Pensée d'un vieil homme perdu dans le labyrinthe de son cœur...violence a son rencard. Car des visions de son futur approche l'heure d'une vérité presque effrayante. Il est témoin d'une attention prêtée avec parcimonie que l'on rendra dans une sévère harmonie...
Amour pour une jeune femme, un homme l'emprisonne derrière les barreaux de son âme. Oubli de soi, oubli des autres, la porte est désormais tenue par les démons déchus de son cœur. Devoir oblige mais guère ne s'en soucie, car de là est né l'habitude des regards trop hâtifs. Pourquoi parler de haine lorsque l'amour lui vient enfin comme un vaste et éternel recueil... ? Il n'aime guère cela mais les battants de son cœur sont en marche vers une révolution aux milles lacunes.
Et de là résonne la voix d'une souffrance cachée dans l'ombre tandis que l'ignorance continue de tricoter le tissu de peur que l'on porte sur nous comme une capuche.

Bref moment de joie dans le noyau des abysses, de là est né la première mélodie volatile des saisons.

Théorème d'une Terre plate, les ethnies se perdent dans la vue du massacre. Merci Galilée pour la rondeur de ton savoir, quant à certains il leur manqua la petite graine au moment du sacre. Aussi souvent que faire se peut, aussi peu que faire souvent.

Blessée par l'ignorance et la connaissance dans un long râle d'agonie, elle se retrouve là où se fend une ère tiède tombant du loin de l'infini. Elle est perdue dans l'ouragan de son océan et oublie de s'imaginer une place pour la liberté. Je l'appelle Fée mais elle plonge dans les profondeurs du temps, ainsi les autres oublient de croire en sa gaieté.
Je suis là comme une vieille branche aux feuilles volatiles, priant les esprits pour que tourne un vent plus versatile. Qui suis-je ? Pourquoi suis-je ? Que dois-je faire ? Car désormais la seule chose qui m'enivre est le parfum de cet océan qui unit le Soleil et la Lune. Mais j'ai par [manque de] foi la vague impression d'être coincé dans ce miroir et de ne pouvoir sortir que dans la pénombre d'une éclipse éternelle.
...comme dans une grande pièce vidée de son parfum vieillâtre...comme un rêve qui se repose sur un nuage de souvenirs opiniâtres...ombre de désespoir et lumière d'espoir se croisent dans un battement de poussière presque féerique.

Murmures et plumes de pie Haine et désespoir dans
Avec un dos craquelant Un grand bol de ténacité
Je m'en vais dedans J'oublie de les aimer
Un songe plutôt rempli A travers les joies du temps
Empli de vagues frissons Me manque-t-il cette raison
Aussi savoureux que pluvieux Qui m'interdit de tant aimer
Suis-je vraiment si pieux Sans amour et dans le fond,
Si non, éperdu de raison Qui m'interdit d'avoir pitié
Raisins d'une longue vigne Piétiné par mon petit cœur
Plus vieille encore que Racine Aussi crispé que noué
Terrés dans l'obscure crevasse Je mélange le goût de la peur
Ils se cachent et se prélassent Aux fines saveurs d'été
Hélas ! Aussi souvent que faire se peut J'aperçois ses douces hanches
Et aussi peu que faire souvent Alors la descendance viendra
Autant rattraper l'ombre du temps Je dois veiller sur cette branche
Si non, oublier d'être vieux... De grenadier qui par bonheur tombera



Le Gardien des Songes
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