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Le mal de l'écrivain

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Pozar

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Aux heures triomphales de la vie s’éveillant,
Aux temps victorieux de la nouvelle terre,
Je campais sous l’ombre brumeuse de l’hiver,
Mon âme en jachère, regrettant un avant
Disparu ! Révolu ! Et restait encore
Les sombres douleurs d’une guerre menée à tort.
Enfoui en mon corps, devenu un mal hargneux ;
L’ennemi juré de ma fantasque plume,
Emprisonnait mes mots, m’enfonçait un épieu
J’en perdais les sens, aveuglé par la brume.

Le feu sacré s’était éteint sans un bruit,
Privé de lueur me voilà déboussolé.
Tel un chevalier à l’épée cabossée,
Ou un sot tribun ne sachant plus parler,
Sous mes phalanges volontaires mais brisées,
Remuait un vide incolore, inodore.
De ce monde j’oubliais comment extirper
Le rire d’un enfant, la détresse d’une mort.

Et je ne savais que faire de ses blessures.
Avant que soudain, elle ne parvienne.

Belle et fraîche comme un bouton de rose,
Pour elle on avait sûrement entonné bien des proses.
Mais toute aussi jolie et charmante qu’elle fut
Ce n’était ça qui m’avait rendu si ému.

Ses sourires parvenaient tels des coups de tonnerres,
Des éclairs d’un blanc immaculé
Au milieu de cette journée grise,
Et dans l’éclat vibrant de ses rires,
Miroitaient une lueur aveuglante,
Il m’avait alors semblé y voir,
Un torrent de lumière.

Et à mesure que s’écoulait les sables du temps,
Le soupçon est devenu une limpide évidence,
Il se trouvait dans le vaste inconnu de son âme,
Des trésors et des merveilles d’étoiles
Ses pensées iridescentes filaient pareilles aux comètes,
Eclairant l’espace de leurs traits enflammés,
Irradiant toutes ses paroles de leurs cœurs torrides.
Elle était un mystère opaque
A la pulsation ardente
Un nuage mélancolique,
Qu’épousait pourtant le soleil.
Elle était le regard fauve et intelligent,
L’âme libre et insoumise,
Pourtant rigoureuse et minutieuse,
De l’artiste engagé.

Il me sembla alors, qu’elle avait de la rose
L’élégance obscure et délicate,
La force tendre et fragile,
Le rouge carmin et sanguin.

Et paralysé, j’ai cru revoir de vieilles amies,
Les sons, les odeurs et les saveurs du monde
Qui pointaient un timide museau.
J’ai eu un sourire vivant
Rapidement mué en chagrin,
Son nom à elle, voulait dire poison.
Et déjà dans mes veines,
Circulait tout le venin.
J’ai soupiré en levant les yeux au ciel :
C’est là bel et bien la malédiction de l’écrivain !
De n’avoir aucun rempart face aux hordes d’émotions
Qui submergent les cœurs vivants.
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