Le Goéland

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Des pleurs écorchent le silence. Apeurée, je m'approche du bord de la falaise de lave, pensant sauver un enfant.
Ils sont des centaines. Criant de concert.

Le bleu s'engouffre dans les cavités de la roche noire en rugissant.
L'air siffle à travers mes cheveux. Pour cent, ils sont deux cents de plus à chanter leur réconfort.

Un concert majestueusement insupportable.

Un concert qui me hante, tant les cents lamentations déchirent mes tympans et la partition de l'océan, du vent et de leurs parents.

Le soleil de minuit baigne cette comédie musicale de ses multiples rayons. Rayons dupliqués mille fois sur une seule plume.
Fait d'or et d'argent, ces miroirs oppressent ma solitude.
Heureux ensemble, face à moi. Ma présence ne semble pourtant pas encore importune.

Devant leur légèreté aérienne, je ne suis qu'une roche de la falaise. Bien que mal à l'aise, je me rapproche, en rêvant que cette famille soit la mienne.
Et alors je pourrai hurler pour que mes parents me nourrissent, chanter mes soucis, chuter dans les airs et glisser dans la mer.

Mais ma condition bien vite me rattrape, lorsque coule sur moi un blanc noirâtre. Mon amour adopté vient en effet de m'offrir la réalité de sa défécation.
Son rire moqueur ajoute une note de sarcasme dans ce mélodieux vacarme. Alors d'un cri honteux, je m'impose acteur de leur comédie infâme.

Apeurés. Le silence se réveille et clôture la scène.
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