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L'ange déchu

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Fabrice Antonov

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Sur l ’échafaud rouillé, je le sens à mes côtés,
Observateur affûté des têtes décapitées,
Son souffle acide, doucement sur mes joues,
Joue une symphonie amère, venue on ne sait d ’où.

Les cris des égorgés, les râles des fusillés
Ne font de toi qu'un odieux souffle froid.
Ad vitam aeternam, tu resteras le Roi
De tous ces bien tristes sujets.

Dans les cimetières humides, les caveaux silencieux,
J ’entends des mélodies bien au-delà des rives,
Tendrement fredonnées par ces corps amnésiques,
Aux âmes tourmentées, flottant à la dérive.

Lorsque l ’étrange nuit réveille les cris
Des derniers Empereurs passés par les armes,
Tu te pâmes tel un Prince qui aurait tout son temps,
Mêlant ton haleine fétide aux doux encens d 'Orient.

Dans les Palais du Vatican, ces divines églises,
Les religieux rugissent, levant les yeux au Ciel.
Détruisant les Icônes, tout ce qu'on pérennise,
Tu quittes les nefs pour regagner Babel.

Quand tu es face à l ’homme, cette proie trop facile
Dont ton corps invincible, pourvu de belles griffes,
Lacère en silence les viscères sur les récifs,
Tu jouis comme un gosse de ce rapport tactile.

Créateur subtil des grandes hécatombes
Qui orneront plus tard toute l ’histoire humaine,
Tu fixes l ’horizon et ces milliers de tombes,
Immoral gardien de nos défuntes peines.

Droit sur cet autel fait de marbre veiné, 
Tu romps des échines pour l ’Eternité.
Satan, invoque les éléments pour que je m'y promène,
Que le souffre et l ’acide dissolvent tous les Amen !

A l ’exécuteur testamentaire de ces vies sacrifiées,
Je veux ces quelques lignes dédier.
Satan, reçois mon sang et ces quelques offrandes,
Satan, brise-moi les os, réduis-moi en cendres !
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