La vie intermittente d'une famille d'argile empaquetée dans un vieux carton

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J'aime la poésie, la fiction, les nouvelles, les textes courts, les textes longs, j'aime inventer des personnages hors du commun, emportés dans des situations inhabituelles par le temps qui passe  [+]

Image de Printemps 2018
Dans un vieux carton d’emballage
Dormait une crèche bien sage,
Une famille d’argile cuite
Qui s’ennuyait dans du papier,
Des vieux journaux tout chiffonnés...
Les rois mages discutaillaient,
Mais où est donc l’étoile,
La lumière pour nous guider ?
Le boulanger, blanc de farine
Dormait au fond d’une ravine.
Le rémouleur faisait siffler
Sa machine à aiguiser
En se demandant comment
Sortir de ce carcan
Qui lui cachait le paysage.
Le berger attendri
Enroulé dans du papier bulle
Comptait ses blancs moutons
Serrés au fond du carton.
La gitane délurée
Dans cet espace emmurée
Chantonnait un fandango
Un boléro ou un tango
Que personne ne pouvait entendre.
Le ravi réfléchissait
Au monde tout gris qu’il vivait,
Pas de quoi être content
De cette occultation du temps.
La sainte vierge dormait,
Empaquetée,
Elle attendait un enfant
Qu’on promettait depuis longtemps,
Joseph le menuisier
Était enroulé à coté,
Il se demandait parfois
Tout seul dans son alcôve
Ce qu’il faisait ici
Si loin de sa menuiserie
De son rabot, de ses poutrelles
De ses tenons, de ses mortaises.
À ses cotés, dans de la paille
dormait un bœuf, dormait un âne.
Et tous ces personnages,
Cette famille d’argile cuite
Dans le silence du papier
Attendait qu’arrive l’heure
Que sonnent les cloches d’antan
Où ils sortiraient du carton
De la gangue figée de temps
Pour pouvoir, une fois encore
Sous le regard étonné
De Joseph le menuisier
Découvrir un petit bébé
Dans la grange déposé...
Il deviendrait un messie,
Il irait parcourir le monde
Et ferait la révolution
De l’amour du prochain et de Dieu.
Et puis la famille d’argile
S’en irait empaquetée dormir
Pendant que le messie
Continuerait sa ronde
Pour toujours tout recommencer.
L’an prochain, il naîtrait encore
Et l’espoir encore avec lui
Qui ne durerait qu’une nuit,
Mais une si belle nuit...

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