La tâche d'encre

il y a
2 min
48
lectures
7

Laure, 21 ans, étudiante. Vous épargne tous les mots inutiles pour se concentrer sur l'essentiel. Sur la voie pour comprendre le monde, irréversiblement, en cours de recherche d'une forme de  [+]

Un jour,
Une de ces remarques, qui ne l'aurait pas atteinte d'habitude,
La perfora de part en part.
Peut être était ce parce qu'aujourd'hui elle était fatiguée,
Ou encore parce qu'elle s'était disputé avec sa mère...
Dans tout les cas, elle avait oublié de mettre sa barrière ce matin là,
Sa barrière qui la protégeait de ces agressions,
Ces agressions provenant de ces gens haineux,
Haineux contre la vie,
Leurs vies de chiens.

Pour eux, ces paroles étaient insignifiantes,
La rengaine habituelle,
Le quotidien de leurs vies dépassées,
Sur laquelle on a trop roulée,
Ou trop lavée.
Pour eux, ces paroles lancées n'étaient que futilités,
Mais ils furent le début,
D'une fin.

Lentement,
Cette encre germa dans son esprit,
Et son esprit coula.
Elle entendait tout,
Même ce qu'il ne lui était pas destiné.
Le temps de s'en apercevoir, c'était trop tard,
Elle avait sombré.

Chaque matin, elle luttait pour ne pas hurler,
Ne pas hurler quand on lui demandait comment ça allait,
Ca n'allait pas.
Mais que croyait-ils ?
Qu'elle allait crier sur tout les toits,
Que la vie n'avait plus de sens ?
Qu'elle ne percevait plus les nuances,
Et ne captait pas une seule essence,
Ne souhaitant que la délivrance ?

Elle marchait,
Sans suivre de cadence,
Le pas bancal,
Le cœur en larmes.
Ce qu'elle ne savait pas,
C'était que son cœur,
A son âge,
Devrait se lamenter sur les amours,
Les amours dénués d'absences,
Mais qui avaient tellement d'importance.

Persuadée que tous la suivait,
Et ne cessaient de la juger,
Son regard fou se baladait partout,
Captant les informations,
Qu'elle interprétait de travers,
Les entraînant sous la pellicule froide,
Froide et implacable,
Qu'était devenue son image d'elle même.

Aucune pitié pour les poignées d'amour,
Envolée cette graisse enfantine,
Ces calories en trop.
Ce qu'elle ne voyait pas,
C'était qu'il n'y avait déjà plus rien.
Tout avait été rongé par le chagrin,
Ne lui restait que de la peau,
De la peau sur os,
Qu'elle ne cessait de malmener.

Comment faire ?
Lorsqu'un éclair de lucidité,
Éclairait soudainement son esprit embrumé,
Elle se voyait de loin,
Seule et perdue,
Sur son île aux confins.
Alors, prenant son courage à deux mains,
Elle sautait, et ramait aussi fort qu'elle pouvait,
Jusqu'à ce qu'elle se retrouve de nouveau face à son reflet,
Son reflet tant aimé,
D'un amour malsain,
Qui lui rappelait,
Pourquoi elle s'était isolée.

Quelquefois, quand tout cela devenait trop dur à supporter,
Elle s'encourageait, cette petite voix nouvelle venant de nulle part,
A ne pas baisser les bras.
Elle promenait son regard alentours,
Et se persuadait qu'elle faisait cela pour être plus belle,
Plus belles que toutes ces grosses là bas.
Mais dans ces moments, ce n'était pas elle qui parlait.
Le savait-elle ?
Peut être bien.
En avait-elle conscience ?
Surement pas.

Son seul moyen d'explosion,
Se résumant à quelques larmes,
Pour une douleur trop grande,
Trop grande pour pour ses yeux seuls,
Et toute l'eau de son corps,
Elle se raclait la chair,
Avec cette lame,
Causant une douleur plus noire,
Que celle qui l'habitait.
Elle avait trouvé en ça son échappatoire,
L'échappatoire à ces voix et à cette persécution constante,
Mentale.

Laissant le sang couler,
Pour les larmes qu'elle n'allait pas verser,
Elle remua le couteau dans la plaie,
Sachant que ça n'allait pas durer.
Car, tout le monde le sait,
Tout est éphémère.
« Tout, sauf toi, hideuse que tu es,
Encore des années à devoir passer,
Dans ce corps lourd et moche,
Ne veut tu pas y mettre fin ?
Plus d'attente, plus de doutes,
Plus de douleur, plus de critiques.»

Parce qu'au fond, c'était ça,
Sa peur la plus profonde,
Celle à qui s'était accroché son encre,
Les critiques.
Les gens qui jugent sans savoir,
Sans savoir le passé, les pensées,
Les espérances et les souffrances,
De ces inconnus qui,
Ayant figure Humaine,
Sont tous condamnables.

Dans une danse morbide,
Ses démons l’entraînait,
Et elle se laissait porter,
Lasse et fatiguée,
De cette bataille perdue d'avance.
Tourbillons de désespoir,
Sursaut de rage,
A l'intérieur, tout n'était que remords.

Jusqu'à ce jour bénit,
Ou quelqu'un;
Passant sur son chemin,
Lui tendit une corde,
Qu'il tira jusqu'à lui,
Sans jamais faiblir ou lâcher.

Même en sécurité,
Blottie aux creux de ses bras,
Quand elle voulut prendre son envol,
Cette personne était là,
Lui rappelant que la vie,
Finalement,
Se résumait à beaucoup plus que ça.
Et méritait d'être vécue le plus fort possible,
Sans pour autant se perdre,
Dans les méandres aléas qu'elle déposait,
Sur notre chemin.

La mort, la vie,
Tout ceci n'est qu'un cycle.
Qui sait ce qui arrivera demain ?
Quoi qu'il en soit,
Chaque naissance est un miracle,
Chaque miracle est magnifique.
Tous autant que vous soyez,
Ne perdez pas espoir,
Car un jour,
Vous aussi,
Vous serez sauvés.
Et si rien ne se fait,
Soyez fort pour deux,
Et sauvez vous tout seul.
Mais jamais n'oubliez d'être fier,
De la personne que vous êtes.
7

Un petit mot pour l'auteur ? 0 commentaire

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lisez la charte !

Pour poster des commentaires,