La poésie

il y a
1 min
5
lectures
0
La poésie te fait de l’oeil
Comme une fille de la rue
Car la catin est un mille-feuilles
Qui se dévore à moitié nu

La poésie fourbit ses armes
d’François Villon à Jules Bonnot
Y’a des fusils au bord des larmes
Dans les quatrains d’Arthur Rimbaud.

On l’a crue morte la bête immonde
Tuée par le choeur des marchands,
Mais la r’voilà, toujours gironde,
À tricoter d’nouveaux amants.

La poésie fait des heures sup’
Dans les rayons des magasins
Détachant le regard des dupes
D’la verroterie des aigrefins.

La poésie fait les cent pas
D’vant les palais d’la république,
Elle plie l’échine et ne rompt pas
Face aux attaques d’la force publique.

Elle s’est donnée sans jamais s’vendre
Âme damnée des rebellions,
Elle sait se battre sans jamais s’rendre
Au conformisme des salons.

La poésie est une frangine
Qui s’éveille au temps des cerises;
Noire, blanche ou maghrébine,
Son coeur rouge n’a pas d’chemise.

La poésie traîne la nuit
Quand tu emmènes pisser ton chien,
Elle enivre tes insomnies
Ou bien dégrise tes p’tits matins.

C’est une amie de tous les âges
Que l’capital met au placard
Car elle dépasse tous les chiffrages
Et qu’les comptables n’y comprennent rien.
0

Un petit mot pour l'auteur ? 0 commentaire

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lisez la charte !

Pour poster des commentaires,