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L'ombre du vent

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Pascal L.

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Sur la page si blanche les paroles n'ont pas d’âge.
Elles s'exclament à rebours vers des cieux imparfaits.
Où le moindre soleil, où le moindre nuage.
Change l'or en poussière et aggrave nos méfaits.

Cette absurde conquête vers les anges déchus.
Cette étrange requête à nos dieux oubliés.
C'est un appel au secours par les âmes qui ont chu.
C'est une seconde réponse à nos langues liées.

J'ai donné à l'épreuve un cliché éphémère.
Je suis seul et la preuve est dans l'ombre du vent.
J'ai pardonné mon père et pleuré sur ma mère.
Car je sais que vieillir est un cap décevant.

Je fournis l'hypothèse à vos arrière-pensées.
Ce texte est difficile mais faut-il le comprendre ?
Il est l'œuvre sincère d'un poète avancé.
Vers le courant serein qui bientôt va le prendre.

Sans stylo et sans style, c'est la voix qui murmure.
Ces passages insensés où les diables s'amusent.
Clarifié mon message est pour moi comme un mur.
Mais je sais que partout je suis compris des muses.

Car la vie est un règne pour peu qu'on le désire.
Et mon trône est d'un bois que l'on sait éternel.
Je suis sage et demande pour mes sens du plaisir.
Et pour l'autre moi-même, un regard, deux prunelles.

Je suis partout le même et partout différent.
A vos pieds je dépose une fleur incomprise.
Vous me trouverez partout dans la bible, le coran.
Je suis évanescent léger comme une brise.

Je ne suis que silence ou vacarme d'enfer.
Je suis à vos côtés quand vous pleurez de joie.
Je suis Satan et Dieu ou un simple homme d'affaire.
Je suis le rire du pauvre ou la larme des bourgeois.

Comment dire autrement je suis l'être interné.
Dans ces asiles sans nom, parce que trop dérangeant.
Je suis l'enfance du pire, je suis l'homme bien né.
Je suis un peu de l'âme et du rêve des gens.

Lorsque vous me lisez, vous regardez le monde.
Vous effleurez de l'œil les pages sombres de l'Histoire.
Vous y voyez l'Amour et les guerres immondes.
Les femmes des magazines, celles qui font le trottoir.

Je suis un peu partout sans que vous le sachiez.
Le poète est soluble dans l'espace et le temps.
Je vous insulte un peu sans que vous vous fâchiez.
Et la seconde qui suit, je vous offre le printemps.

Je suis dans la victoire et dans toutes les défaites.
Le poète est l'orgueil des bienfaits annoncés.
Je suis dans la tristesse de vos plus belles fêtes.
Et dans toutes vos valeurs chaque jour offensées.

Je suis enfin des vôtres quand vous pensez à moi.
Et redeviens moi-même quand vous rompez le charme.
J'ai mis la mort en doute et le monde en émoi.
Dans chacun de mes rêves où je combats sans armes.

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Pour poster des commentaires,
Image de Elena Hristova
Elena Hristova · il y a
autant en emporte le vent, l'éternel compagnon d'antan et de présent, un joyeux résistant!
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Image de deleted
Utilisateur désactivé · il y a
de très belles formules
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Image de Pascal L.
Pascal L. · il y a
Merci beaucoup
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Image de Violette
Violette · il y a
J'aime beaucoup cette réflexion sur le temps qui passe et le vagabondage de nos pensées.
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Image de Pascal L.
Pascal L. · il y a
Merci violette
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