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Votre corps serait frêle et votre esprit joli,
Vous seriez ce cantique écrit dedans la chair,
Tout serait à sa place et j’en serais ravi,
Vous seriez, Infinie, ce qui m’est le plus cher...

En repoussant l’instant d’entendre votre voix,
Muet vous contempler comme un tailleur de pierres,
Admirant le silence aux gestes de vos doigts,
Regarder votre bras pendant une heure entière...

Fixer dans mon cerveau la joie de vos cheveux,
Apporter leur lumière à ses murs froids et gris,
Et frappant sur mon cœur aux burins de vos yeux,
Effacer du jardin l’épine avec l’ortie.

Caresser une année votre âme et votre peau,
Courir dans vos prairies, marcher dans vos rivières,
Descendre en vos vallées, remonter votre dos,
Retrouver dans vos fleurs l’oreille à mes prières...

À mes yeux tout autant qu’à mon entendement,
Vous seriez le modèle amenant à la Vie,
Anathème impossible ou bien saint sacrement,
L’étincelle, l’enfant, et l’Œuvre en mon esprit.

Oui, vous seriez la source où boiraient mes poèmes,
Vous seriez – Ô Douleur ! – un objet agréable,
Une rare vertu, cette absence en moi-même,
Et la plus belle chose à la plus regrettable.

Et puisque ma tendresse, inamoureusement,
N’est qu’une offrande impure en des sursauts d’envies,
Oh... juste, j’aimerais vous voir pendant longtemps,
Comme un vivant retourne au rêve de sa vie...

Lamentable être humain qui survit de regrets,
Qui va, qui va sans eau, sans aile, sans sommet,
Qui va, cachant sa peine au cœur de ses forêts,
Comme Adam malheureux cachait sa nudité... !

À chaque amour brisé, c’est un homme qui l’est.
Alors, il faut qu’il grave, écrive, taille, peigne...
Et versant ce qui coule en son âme agitée,
Puisqu’il faut qu’il se venge, il montre comme il saigne.

Marche dans tes tableaux, avance tes statues,
Des lignes de tes mains remplis tes pages blanches,
Déverse quelque part tout ce que tu n’es plus,
Déjà tu es tombé vers l’envers où tu penches...

Votre corps serait frêle et votre esprit joli,
Vous seriez ce cantique écrit dedans la pierre,
Tout serait bien en place et j’en serais ravi,
Et j’aurais découvert ce qui manquait hier.

PRIX

Image de Automne 2015
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Anablue · il y a
l'homme a besoin d'amour et l'art transcende cet amour....
j'aime votre puissance littéraire et artistique,
anablue

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Utilisateur désactivé · il y a
Quelle plume vous avez et quelle ode à la femme ! A n'en pas douter, vos poèmes sont le reflet de votre âme. Il est parfois des mots qui vous touchent plus que d'autres, les vôtres en font partie...
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Leméditant · il y a
Superbe, humain, magique...
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Fleur · il y a
Des instants sculptés avec des mots et une belle oeuvre + 1
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Nabelle Martinez · il y a
long, mais vraiment beau !
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Lumiyah · il y a
un vrai poète vous êtes !!!!! encore magnifique, et j'ai eu beaucoup de plaisir à lire votre poème, parfois j'avais la sensation de lire cyrano de bergerac, ne rougissez pas !
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Béhem · il y a
Ce n'est pas une poésie mais un marathon ! L'athlète cours en des chemins fangeux se griffant aux épines et aux ronces, dopé par ses endorphines!
La quête du Graal ne se fait pas sans mal. Bravo +1v.

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Gilles Besson · il y a
Vous écrivez car vous ne savez pas peindre ? Grand bien vous en fasse : ce poème se voit autant qu'il se lit ! +1
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F. Chironimo · il y a
2HL l'a écrit. donc, je m'écrase car déjà tout est dit. +1 :-)
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Bruno S. · il y a
Je bois du petit lait quand je te lis, mon ami. Comme d'habitude, une tuerie poétique. Mon vote.
Sinon, je t'invite à passer me lire en TTC et en Nouvelle. Pour la compétition automne.Oui, je délaisse un peu mes alex chéris.

A très bientôt.

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