l'enfant et le chat

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L’enfant et le chat
Poème

Enfant, dans un jardin, dînait non loin d'un gros chat noir aux yeux verts qui sur le toit flânait : car rien n'est plus flâneur qu'un chat, si ce n'est l'homme ; rien au monde de plus gourmand. Du chat je parle en ce moment : l’homme. C’est pour mémoire ici que je le nomme. Aussi comme il allait et venait sur son toit ! Le chat, comme il flairait les pieds à la poulette !
-Comme il sautait pour le veau froid ! On eût dit un volant poussé par la raquette. La gueule lui pétait : on n'est pas chat pour rien. C'est ce que pensa le vaurien :
-« Miaou ! » par deux fois, « Miaou ! » fit la bête. L'enfant leva la tête :
-« Ah ! çà, Raton, » dit-il, « pourquoi ces miaous ? Vous avez déjeuné comme quatre matous !
-Songez que la gloutonnerie fait naître l’excès, et que souvent un pas suffit pour nous mener d’excès à la mort,
-j’en préviens monsieur, »
-« L'avis me semble bon, mais le repas aussi. Permettez que d'abord je goûte celui-ci
-cher maître, » dis le chat ; « bien vivre est ma devise,
-et je ne vois pas trop pourquoi,
-votre table étant à ma guise, vous me feriez l'affront de tout manger sans moi ?
- Soit : partageons, ratons. Mais comment nous y prendre ? Je suis faible et ne puis rien vous jeter là-haut ! Du toit c'est à vous de descendre. »


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« C'est juste, » dit le chat, « et je vais faire un saut. » De tout temps les gourmands manquèrent de prudence. Pour happer du repas plus vivement les brins,
Le nôtre ne tient pas compte de la distance : il saute mal, il tombe et se cassent les reins !
L'enfant, c'est la raison ; le chat, c'est la démence.
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