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Je t'aime, même si

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Mama

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Tu me fais peur souvent et pourtant je t’aime même si je n’en ai pas l’air
Je suis chose, je suis tarte avec toi, je n’ai jamais su faire
Faut il te bousculer ou bien plutôt se taire ?
Poser les choix pour toi, attendre que tu adhères ?
Préfères-tu qu’on décide, ou bien c’est toi qui gères ?
Faut-il te protéger même si ça t’exaspère ?
Je suis chose, je suis tarte avec toi, je n’ai jamais su faire
A présent, dans l’instant, pour une pause on a quitté l’hiver
On rit, on se tient fort les mains, pour ne jamais se perdre on les serre, on les serre
On se balance comme des gamins, on chante des ritournelles, des comptines à trois vers
Celle des cygnes blancs, sauvages, ils sont beaux, libres et fiers
Celle de la poule qui pond des œufs magiques grâce à son gros derrière
Plus fort que toi, plus rouge que moi, plus hautes nos voix, plus loin que la mer
Elles sont jolies nos voix, on dirait qu’on aurait fait carrière
On gêne les gens autour de nous qui n’aiment pas qu’on ait l’air de travers
Pas comme les autres, à part, d’une autre sphère
C’est sûr, ça ferait plus chic avec des cache-misères...
On rit, plus fort, on crie, plus haut, on l’a perdue la boule, c’est le gène de la mère
On rit comme deux zinzins sortis d’un grimoire centenaire
On chante, et puis on saute en l’air
Les quatre pieds dans les flaques de lumière
La poule peut pondre à l’infini grâce à son gros derrière
Plus fort que toi, plus rouge que moi, plus loin que la mer
Et nos cœurs s’accélèrent
On rit, on crie, elle est belle la vie même si elle est mystère
La joie nous éclabousse, nous tient en bandoulière
On chante, on rime, comme font les vrais trouvères
Et puis tout à coup tout s’arrête, tu bascules violemment de l’autre côté de ton foutu caractère
Comme attaqué par un cauchemar pervers
Comme étranglé par un venin qui coulerait dans ta chair
Saisi, momie, tu es parti, tu regardes en arrière
Tu ne veux plus de cygnes fiers
Encore moins d’œufs de la poule avec son gros derrière
Tu ne sais plus les paroles, tu ne connais pas tous ces vieux airs
Tu n’aimes pas qu’on te tienne les deux mains, encore moins qu’on te les serre
Tu veux partir, tu veux qu’on te laisse, est ce que c’est assez clair ?
Tu me mets le cœur à l’envers
Je suis chose, je suis tarte, je n’ai jamais su faire
Je ne comprends pas où ça a commencé, enfance épreuve, passé galère
Une goutte de trop et tu as basculé, dépassé les barrières
J’ai le vertige de ne pas savoir où ça se termine, de toutes façons pour toi demain c’est comme hier
Ca doit être ça la guerre ?
Plonger du bruit-joie de la vie au silence fracassant comme pour une mise en bière ?
Cache-cache entre rire cristal et sel de larmes, entre frisson de ténèbres et douceur de lumière ?
Moi je sais, coûte que coûte, que derrière ces bouffées de plein air
Derrière ces chutes violentes, ces visites en enfer
Ces va-et-vient du jour au noir et le vide abyssal qu’ils génèrent
Il y a l’après, il y a la trêve ; plus fort que le noir est le vert
Il y a l’essentiel, libre, vivant, tenace et vibrant comme le lierre
Il y a toi, il y a ton cœur de chair
Le venin peut bien t’envoûter, et te saisir à terre
Te piéger comme une proie saisie par la puissance des serres
S’imposer, s’immiscer, un moment te soustraire
Il n’aura pas ton âme de frère
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Miraje · il y a
Comme chacun sait, une tarte se partage en frère ...
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