J'attends

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J'ai rêvé depuis mon plus jeune âge de devenir écrivain. Pour quelles raisons? Pour quels avantages? Seul mon subconscient connait les réponses, bien que j’en garde pudiquement quelque  [+]

J’entoure mon visage de mes deux mains.
Hmm ! leur douce chaleur sur mes pommettes.
Je ferme les yeux.
Je ne vois plus rien. Que le noir.
Tout est calme autour de moi.
Je n’entends rien d’autre qu’une espèce de lointain chuintement.
Sans-doute la musique de mon sang chaud
Qui circule dans mes veines.
Un son régulier, doucement rythmé, sans à-coups.
Un son chaud.

Tout est calme.
Pourtant je ne suis pas seul.
D’autres personnes sont assises autour de moi,
Le visage caché par leurs mains chaudes.
D’autres silences m’accompagnent.
Comme eux, j’attends.
Calmement.

Non seulement nous partageons nos silences
Mais aussi nos espérances.
Sans dire un seul mot,
Je crois entendre les leurs.
Et je me dis: «je ne suis pas seul !
Je ne suis pas LE seul...»
Nous attendons.

Nos attentes solitaires deviennent solidaires.
Nous attendons : mais quoi ?
Pour l’instant, nul ne le sait.
Le maître nous a dit d’attendre.
C’est tout.
La suite de sa phrase est restée suspendue
Dans l’air moite et électrique.
Alors nous attendons.
Les yeux fermés.
Enfin je le suppose.
Car les miens sont clos depuis le début.

Si nous savons partager le silence
Nous saurons que partager l’obscurité
De nos concentrations.
A quoi servirait d’attendre en regardant les autres
Puisqu’on ne sait pas ce qui nous attend ?
Autant rester concentrés,
Jusqu’à ce que le maître nous dise la suite,
Décroche les mots qu’il a suspendus
Comme du linge propre sur un fil blanc.
Cela ne semble angoisser personne,
Sinon on entendrait les chaises remuer,
Des toussotements d’impatience,
Des signes de lassitude, de colère rentrée.
Non, rien de tout cela.
Nos yeux demeurent clos.
Nous devrions commencer à voir quelque chose
Derrière nos paupières.
Mais nous ne voyons rien, n’entendons rien.

Alors nous attendons. Dans le calme.
Soudain, au fond de mes yeux clos, une lueur vive me parvient,
Si aveuglante que je dois ouvrir les yeux
Derrière mes mains pour qu’elle ne brûle pas mon regard.
Lentement je m’habitue à la lumière qui s’infiltre
Entre mes doigts.
Je regarde autour de moi :
Tout le monde a ouvert les yeux !
On entend alors une voix,
Celle du maître, qui déclare solennellement :
« Il ne faut rien attendre dans la vie,
ll faut seulement se rendre à l’évidence ! »
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