Il était neuf heures du soir...

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Il y a quarante ans que je me suis retiré dans ma cellule. Presque perpète ! Me voilà maintenant parvenu au déclin de ma jeunesse éternelle (!) Un sage m'a dit un jour : "ta douleur est ta  [+]

Il était neuf heures du soir
Et même un peu plus, quand,
N'en pouvant plus,
Je suis parti
Où on ne trouve pas son pareil.

Je voulais être seul,
Que la mer,
Noire.
Dont j'avais oublié
Qu'elle mangeait la plage en hiver,
Le sable,
Froid,
Le vent,
Le ciel,
Même pas la terre.
L'odeur du froid
Qui passe sur le sable,
Qui passe sur mon âme,
Qui passe sur mes yeux,
La Mort qui rôde autour.
L'envie de partir pour toujours.
Les rides sur l'eau venues
Du vent aigre de la nuit
Se mêlent aux rides de mon âme.

Le temps s'était vidé.
Je n'avais qu'une idée:
Atteindre le sable,
Là où naît la vie
Après la vie de la terre.
J'y respire,
Banni du carnaval humain
L'odeur âcre de la chair de l'âme,
Ce parfum sobre et fruité.
La mort file devant,
À l'orée de mon âme.
Elle a mis face à face
Le fiel,
Le miel,
Le lutteur,
Le tueur.

Elle l'a bien ourlé
Et bien filé et tricoté,
Maille après maille
Son chemin de rancœur
Émaillé d'écueils.
À son approche tant redoutée,
Sur une terre inconnue
Où tant y sont allés
Mais n'en sont point revenus,
Je vois ma vie passée,
Toute chaude encor
Des salissures déversées.
Le rivage est loin.
Dieux !
Que le rivage est loin !

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