I S A

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Je suis un être plutôt instable, un tantinet introverti.Mon gout néanmoins principal va à la poésie, de préférence gaie, limpide, évidente, sans trop de mystère, compréhensible aisément  [+]

Dans cet habitat à loyer exagéré,
Nous sommes voisins de palier.
Elle m'attire. Elle m'ignore. Elle s'appelle
Isabelle.

Elle est jolie
Donc l'apocope " Isa " bien suffit.
Préciser " belle "
A la suite de " Isa ", quel pléonasme !
Mais dans ma tête, un ajout, le marasme !

Face à une telle Aphrodite
Moderne, au visage de Madone,
Renversant le mythologique rite,
C'est moi qui tourbillonne !

" Bonsoir Mademoiselle ".
Un soupçon de sourire.... à minima.
La porte se referme sur Isa.
Je le conçois,
Elle est trop belle pour moi !

Isa ,à la fois proche et si loin derrière ce mur
Aveugle, sourd, muet, il n'en filtre aucun murmure .

Une si coquette fleur,
Tant de jolis coeurs,
Pour le cueillir, se pressent.
Pour moi, autant arracher un édelweiss
Sur les flancs de l'Everest !

D'être veule, je me le reproche :
" Quand elle est touchable, toute proche,
Tu es émoustillé
Mais tu n'oses pas l'aborder.
Alors, bougre d'indigent,
Cesse de rêver, il en est temps ! "

Mais ma rétine demeure imprégnée de sa silhouette,
Ses cheveux de jais, sa peau ambrée de beurette.
Je m'endors sous le joug d'un vil complexe d'infériorité,
Avec ses images d'appâts, bien seule sous ma couette.

Rapidement, je sombre dans les bras de Morphée,
De ses facéties pendables, je suis coutumier.

Oui, Isa, la voilà,
En Esméralda,
En habit de princesse andalouse,
A rendre toutes les vénus jalouses.

De couleur vive comme le rubis,
S'irisant de paillettes d'or,
Un fuseau justaucorps
En une robe longue, longue, élastique
Où, à souhait esthétique,
Sa svelte féminité s'incruste,
L'enserre et la moule jusqu'aux chevilles
Tout en libérant le haut de son pulpeux buste
Dont le naturel satin scintille
De la lueur veloutée
De sa gorge er de ses épaules mordorées
Tout autour desquelles court un concave liseré
De fines dentelles gaufrées,
Tandis que le fourreau au bas
S'évase en un épais falbala.

Ses yeux sont animés d'agressives pupilles
Dont le jais brille
Dans un visage de madone créole.

Cet expressif tableau s'anime en une danse folle,
Au rythme des grelots d'un tambourin
Qui trépigne entre ses mains.
Sa tête à longue chevelure de jade
Remue par brèves saccades
Et, un court instant, me fixe
En un défi extatique
Durant lequel ses claquettes pétaradent.

Puis, elle danse,danse
Sur les toits, dans les chicanes
De Notre-Dame.
Elle met en transe
Les gargouilles ideuses
Qui se pâment,
S'humanisent, deviennent rieuses.

Brusquement, elle me lance un regard bien amène,
Aurait-elle pour moi des yeux de Chimène ?
Ô miracle, ou un soupçon de velléité de miracle ?
Car, je sens déjà en moi pousser un obstacle :
Une bosse me déforme le dos
Et mon sourire dans mon visage de Quasimodo
N'est qu'un horrible rictus
Qui m'enlaidit encore bien plus .

Morphée a clos mes paupières,
Mais mes yeux , elle les a grand ouverts !
Isa, une vénusté de premier choix
Elle est vraiment trop belle pour moi  !

DUJE
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