Emeute

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J’ai vu le sang couler dans le Coca Cola
J’ai vu des gens pressés sur des boulevards austères
J’ai vu des soleils morts et des feux assassins
J’ai vu des gens à terre et des soldats d’airain

C’était un vingt trois mars et le printemps hurlait
Son horreur et sa haine aux portes de l’enfer
J’avais vingt ans à peine et la ville déferlait
Dans un vacarme fou dans une clameur immense

De toutes les avenues courant vers l’opéra
Une foule convergeait dans un brouillard si dense
Que tout semblait aveugle boulevard de Magenta
La fumée des grenades avait un goût de sang

Des argousins en armes chargeaient à l’aveuglette
Des soudards avinés des braillards décadents
Des silènes barbus à la face violacée
Et le bruit de leur lutte montait vers la Villette

J’avais vingt ans à peine et j’étais pétrifié
Paris était en flammes et criait sa détresse
Soudain je vis une femme une petite vieille
Marcher à petits pas vers les archers du roi

Ceux-là déjà chargeaient et l’auraient écrasée
Une main soudainement vint la plaquer au bois
De la porte cochère d’un immeuble en sommeil
Le coup passa très près ce fut une caresse

C’était encore la paix c’était déjà la guerre
J’avais vingt ans à peine et j’étais terrifié
Par ces feux allumés par ces soldats de pierre
Par tous ces gens hagards par cette odeur de chair

Quand le rideau tomba quand la farce fut jouée
Quand l’aurore alluma à l’horizon blessé
Une lueur livide sur les rues désertées
J’étais seul et debout contemplant le charnier.
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