Elle dort près de nous

il y a
1 min
284
lectures
47
Qualifié
Ses enfants jouent autour d’une belle-de-jour,
Courent après leur ombre ou quelque souricelle,
Mais une main les prend près de la balancelle
Et son cœur de maman bascule pour toujours.

Viennent des temps maudits de larmes au scalpel,
– Ô ventre lacéré par la douleur du vide,
Par la peur qui s’installe et le sort impavide,
Opposant le silence à ses vibrants appels ! –

Puis vient un autre temps : assise à la maison,
Années après années, devant le pas-de-porte,
Elle attend, dignement, que la rosée lui porte
Quelques perles d’espoir, au rythme des saisons.

Enfin, son œil éteint ne va plus au carreau,
Épier le sentier où son esprit s’élance,
Dès qu’un bruit la surprend et que sa vigilance
S’aiguise au moindre vent dans la haie de sureaux.

Elle dort près de nous, pauvrette, chaque nuit,
Blottie contre nos corps et nos châles de laine,
Dans sa robe Angora où ses yeux porcelaine
Font deux lumières bleues qui s’ouvrent, vers minuit,

Quand elle croit ouïr, boniment de l’ennui,
Ses petits chats perdus, Miaou et Marjolaine.
47

Un petit mot pour l'auteur ? 1 commentaire

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lisez la charte !

Pour poster des commentaires,
Image de Dominique Hilloulin
Dominique Hilloulin · il y a
1234

Vous aimerez aussi !