Échos de Vérone

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Je suis entrepreneur, chercheur dans l'âme, passionné par diverses sagas littéraires pour lesquelles il m'arrive de commencer des nouvelles que je finis rarement... Retrouvez tous mes textes en  [+]

Le cuir de mes semelles s’use sur les pavés.
Mes souliers prennent la route à travers une cité,
Que je croyais aimer, mais qui, las, me bâillonne.
Elles sont pourtant bien belles les ruelles de Vérone,
Mais mes yeux sont fermés tout comme l’est mon entrain.
Les ombres rampent au sol comme un vieux sans florins.
J’aimerais tant aller danser sous son balcon !
Mais nous ne sommes pas prêts, alors nous attendons.
Pas prêts à affronter le feu de nos familles,
Pas prêts à enfermer la flamme de nos envies,
Pas prêts à nous aimer à visage découvert,
Trop jeunes pour libérer nos folies singulières.
Nous attendons le jour où nous aimer vraiment
N’enflammera pas nos ailes de capricieux amants.
Mes foulées m’ont porté au seuil de son quartier
Et je fais volte-face, il doit m’être fermé.

J’entends au loin sa voix, rien qu’un son, un écho,
Qui a vaincu échoppes, carrefours et grandes eaux,
Pour venir jusqu’à moi, se loger dans mon cœur,
Endormir ma quiétude, réveiller ma vigueur.
Elle chante ! L’entendez-vous ? Je tends l’oreille en vain
Le vent m’a vivifié mais ne me dira rien.
Crie-t-elle son désespoir tandis qu’elle dépérit ?
Siffle-t-elle notre mort quand je tombe dans l’oubli ?
J’interroge un passant qui revient des arènes,
Il me dit qu’elle proclame, jusqu’à en perdre haleine,
Que le jour comme la nuit, c’est sûr, elle attendra !
Je ne me rendrai pas sur le Ponte Pietra...
Elle chante ! Elle chante ! Je ris... Je veux connaître mieux
Ce que jurent ses mots, ce que disent ses vœux.
Je trouve un récital donné par ses élèves.
Ce qu’elle insuffle me dit où se tourne son glaive.

Les chœurs de Saint-Zénon chantent l’or dans les collines,
Ils vantent le bruit sacré des énergies félines,
Ils parlent de la patience qu’il faut pour construire Rome,
Et rient de ces métaux que ne brise nul homme.
Elle chante, elle chante ! Quelle joie ! Je ne serai plus triste,
Car elle chante la force, elle chante qu’elle résiste,
Elle chante des promesses plus fortes que le Soleil,
Elle chante sa nature, elle chante le réveil,
Elle chante que nous sommes beaux, elle chante qu’elle pense à moi,
Elle chante qu’elle défiera toutes les tristes lois,
Elle chante un optimisme qui toujours rêvera,
Elle chante pour un croisé que rien n’arrêtera,
Elle chante pour mon retour, elle chante un bel espoir,
Elle a dit au revoir à la pensée du soir,
Elle embrasse maintenant la pensée du matin,
Elle chante qu’elle est en vie et ne lâchera rien.

Comment lui dire que j’ai sa bouteille à la mer ?
Et que je vois, comme elle, des diamants dans l’éther ?
Je décide à nouveau vers où pointent mes pas.
Derrière les toits qui tremblent, l’aube me tend les bras.
En quelques coups fragiles de la pointe du couteau,
Je grave mon cœur sur les murs du vieux château.
Passera-t-elle bientôt par le pont Scaliger,
Ou sera-t-elle tenue par les murs de son père ?
Je cours confier mes mots au crieur du marché
De la place des herbes, où elle viendra flâner,
Il achète mon bonheur et m’assure qu’au matin,
Les anges l’amèneront au moment opportun.
Mon cœur chante à son tour, il a fini sa veille.
L’éclat des lanternes est plus fort que mille Soleils.
Voilà le jour qui vient, la pénombre s’enfuit :
Elle fuit devant les cris déchirants de la vie.
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