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Deux moins un

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Fred

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Au début il y avait le bonheur.
Avec les rires, avec les baisers
Avec les plaisirs, avec la douceur,
Et la passion de nos corps embrasés.

Le temps nous était toujours complice
Et accompagnait, fidèle, nos espoirs,
Nos rêves fous et avec délices
Nous refaisions le monde tous les soirs.

Ensuite, la vie nous a rattrapés,
Avec ses grosses semelles de plomb.
On s’est battu et on a essayé
De repeindre en bleu notre horizon.

Finalement on s’est habitués
A voir du gris même dans nos rêves.
À se rabougrir, se ratatiner
A se réduire à «marche ou crève».

Puis un jour notre monde s’est éteint.
Le temps qui passe est un sauvage
Qui vole le bonheur à pleine mains,
En ne nous laissant plus que la cage.

Et il nous a fallu, finalement,
Faire le compte des heures grises,
Des heures gâchées, comme des tourments
Et des rancœurs, comme des traîtrises.

Pour s’éviter de faire la guerre
Nous avons signé un traité de paix
Et partagé les petites cuillères,
Comme le bon grain et même l’ivraie.

Nous avons réparti tous nos livres
Les chers compagnons de nos vacances
Et gommé, parce qu’il faut bien vivre
Jusqu’aux souvenirs de nos errances.

Au grand Compte de notre vie à deux
Nous avons fini par retrancher un
Et obtenu ce solde nauséeux :
Deux moins un, égale vraiment plus rien.
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