Ce que disent

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Ils nous le disent pas mais ils nous le font ressentir, qu’on est comme une gène
On n’est pas invité on nous demande de partir, comme un si mauvais gène
Comme si que d’ être pauvre était une pathologie, une satanée maladie
Qu’ on aurait sur la peau tout au long de notre plus ou moins longue vie

Eh tu vois pas que tu déranges, va voir plus loin si j’ y suis
T’ es l’ genre de type à qui on apporte des oranges à Fleury
Et puis ton parfum c’est gas-oil de chez fioul, c’est tout pourri
Tu pourrais te payer du Chanel, un costume Armani

Voilà ce que disent les regards que je croise dans la rue
Ou sur les quais de gare pour des trains que j’ prends pas
Parce que l’ train de la belle vie y m’a pas reconnu
Au contrôle j’ devais être quelque part et perdu

Voilà ce que disent les regards qui fuient dans la rue
Ah tiens celui là il est pas encore cané sur le bord du trottoir
Toujours à faire la manche et à boire jusqu’ au soir
A me demander une pièce comme si c’était un du

Voilà ce que disent les gens quand je traîne sous les ponts
Tu vois fiston si tu fais comme lui t’ auras pas de maison
Y ferait mieux d’ aller bosser plutôt que de se lamenter
Ou se jeter dans la Seine qu’on en parle plus pour de bon

Mais y’ a jamais personne qui se dit que la misère est un accident
Que la rue ça abime comme ça plonge tout droit dans l’abime
Que la pauvreté est un crime , que c’est pas fait pour les gens
Que c’est pas un rsa, une cmu, qui me fera voir les cimes

Ça fait bien longtemps que je ne vois pas plus loin que mes pieds
Ça fait bien longtemps que ton doigt fait de moi un être indésiré
Un gars, une fille de la rue, pour qui les jours seront perdus
Tant que c’est les pauvres qu’on attaque et pas la pauvreté

Et les mises à l’abris, l’émotion politique, de la poudre d’ escampette
Une fois l’ hiver fini, on me demande de prendre mes gambettes
Et d’ aller voir ailleurs et si je tiens la saison du beau temps
Pour revoir un hiver en gymnase, un bol de soupe , gerbant

Alors toi qui m’ ignore sur mon bord de trottoir , si il t’ arrive un soir
De réfléchir un temps soi peu, fais jouer l’ intelligence bordel un sursaut
Et tes quolibets tu les penseras pour ceux de la France d’ en haut
Qui pillent et exclus pour une plus grande part de leur foutu gâteau


Camarasa Patrice
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